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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414298

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414298

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414298
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de Madame A, ressortissante congolaise, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le juge a estimé que cette demande était dépourvue d'utilité, car elle se heurtait à des décisions de refus de l'administration (classement sans suite), et qu'elle faisait obstacle à leur exécution. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance motivée, sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, Madame B A, représentée par Me El Ide, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour qu'elle puisse déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance de référé à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 1200 euros en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité congolaise, elle est entrée en France en 2013 et y réside depuis cette date, qu'elle a adressé le 10 août 2022 à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne une demande de rendez-vous en vue de déposer son dossier de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de justice administrative, qu'elle a été informée le 7 novembre 2022 que son dossier avait été classé sans suite, qu'elle a redéposé une nouvelle demande de rendez-vous le 14 novembre 2024 et qu'il lui a été répondu que son dossier était incomplet, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation irrégulière et risque une reconduite à la frontière et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame B A, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 17 août 1976 à Kinshasa, entrée en France le 11 mai 2013 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 2 juin 2015. Elle n'a pas quitté le territoire français après cette décision et n'a pas sollicité de titre de séjour avant le 10 août 2022, date à laquelle elle soutient avoir sollicité du préfet du Val-de-Marne

(sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) un rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Elle précise que sa demande a été classée sans suite,

c'est-à-dire rejetée, le 10 novembre 2022 par une décision dont elle ne précise pas la teneur et qu'elle n'a en tout état de cause pas contesté. Elle a entendu réitérer sa demande le

14 novembre 2024 et il lui a été répondu le lendemain qu'il lui avait demandé de compléter son dossier " à trois reprises " et qu'elle n'avait " jamais donné suite ". Sa demande était donc rejetée. Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour qu'elle puisse déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les demandes présentées par Madame A en vue de son admission exceptionnelle au séjour ont fait l'objet d'au moins deux décisions de classement sans suite, c'est-à-dire de refus, de la sous-préfecture de

Nogent-sur-Marne.

5 Eu égard à l'intervention de ces décisions, la demande formée par Madame A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de ces décisions.

6 Dans ces conditions, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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