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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414322

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414322

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414322
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun rejette la requête en référé de Madame A, ressortissante malienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour le renouvellement de sa carte de séjour "vie privée et familiale". Le juge des référés estime que la demande est dépourvue d'utilité et qu'elle ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors que la préfecture a clôturé la demande de l'intéressée le 30 juillet 2024, ce qui constitue un refus implicite. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance motivée, en application de l'article L. 522-3 du même code. Le juge rappelle que Madame A peut contester la légalité de ce refus par un recours en excès de pouvoir, éventuellement assorti d'un référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, Madame B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de votre ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours, afin qu'elle puisse obtenir un rendez-vous de renouvellement de sa carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de condamner l'administration à lui verser la somme de 200 euros au titre des frais exposés pour sa défense (photocopies, recommandés, téléphones, courriers, etc).

Elle soutient que, de nationalité malienne, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, qu'elle a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 10 juillet 2024, et que sa demande a été clôturée le 30 juillet 2024, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame B A, ressortissante malienne née le 25 mai 1994 à Agboville (Abidjan) en Côte d'Ivoire, demandé le 2 novembre 2023 le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle de deux ans, en qualité de parent de trois enfants français nés en mars 2017, septembre 2018 et mars 2021, qui lui avait été délivrée le 16 janvier 2022 par la préfète du Val-de-Marne. La préfète du Val-de-Marne a mis à sa disposition une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 10 juillet 2024, et sa demande a été clôturée le 30 juillet 2024. L'exercice exclusif de l'autorité parentale sur ses trois enfants lui a été accordé par une décision du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Créteil (Val-de-Marne) du 22 octobre 2024 et une pension alimentaire mensuelle de 255 euros a été mise à la charge du père de ses enfants par une ordonnance provisoire du même juge du 28 octobre 2024. Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation dans les quinze jours, afin qu'elle puisse obtenir un rendez-vous de renouvellement de sa carte de séjour.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4 Il résulte des pièces du dossier que la demande de renouvellement de la carte de séjour déposée par Madame A en qualité de parent d'enfant français a été clôturée par la préfète du Val-de-Marne le 30 juillet 2024. Eu égard à l'intervention de cette décision, qui ne peut être interprétée que comme une décision de refus, la demande formée par Madame A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

5 Dans ces conditions, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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