vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414393 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, Mme A E, agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure, C B, et représentée par Me Ntsama, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de délivrer un passeport à sa fille dans un délai de quarante-huit-heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de délivrer un passeport provisoire ou un laissez-passer à sa fille dans le même délai et sous la même astreinte ou, plus subsidiairement, de statuer sur la demande de renouvellement de passeport de sa fille dans le même délai et sous la même astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures ou, à tout le moins, à très bref délai.
3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire les mesures d'injonction qu'elle sollicite, Mme D, qui déclare être de nationalité camerounaise, fait valoir que, faute d'avoir pu obtenir le renouvellement de son dernier passeport en dépit de deux demandes complètes successivement déposées à cette fin le 7 juillet 2023 puis le 22 janvier 2024, sa fille mineure, C B, se trouve privée, depuis le 21 septembre 2022, de la possibilité de voyager hors de l'espace Schengen où vit une partie de sa famille, notamment sa sœur aînée et sa grand-mère, qui n'ont pas la possibilité de venir en France et avec lesquelles elle a besoin de maintenir un lien affectif. La requérante fait également valoir que, ne pouvant laisser sa fille âgée de huit ans seule en France, elle se trouve elle-même empêchée de rendre visite à sa fille aînée et à sa mère au Cameroun comme elle le souhaite. Toutefois, en admettant, malgré l'absence de pièces en attestant, la présence à l'étranger de membres de sa famille et l'impossibilité pour ceux-ci de venir en France, l'intéressée n'établit pas, ni même n'allègue, qu'elle projetterait d'effectuer prochainement un voyage avec sa fille nécessitant que celle-ci soit munie d'un nouveau passeport à très bref délai. Dans ces conditions, les circonstances qu'elle invoque ne peuvent être regardées comme suffisant, en l'état de l'instruction, à caractériser l'urgence particulière requise, ainsi qu'il a été dit au point précédent, pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme D, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E.
Fait à Melun, le 22 novembre 2024
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
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