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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414455

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414455

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414455
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante israélienne, qui demandait une autorisation provisoire de séjour. Le juge a estimé que l'urgence particulière requise pour ce type de procédure n'était pas caractérisée, la demande ayant été déposée seulement quinze jours avant l'instance. Il a également relevé l'absence d'éléments établissant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête a donc été rejetée selon la procédure simplifiée de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Bentahar, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois dans un délai de quinze jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures ou, à tout le moins, à très bref délai.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée de validité de six mois, Mme A, ressortissante israélienne entrée en France, en dernier lieu, le 7 août 2024, fait valoir qu'elle a précédemment obtenu une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 12 mai 2024, qu'elle ne peut actuellement retourner dans son pays d'origine en raison de l'annulation de tous les vols à destination de ce pays, qu'elle a donc impérativement besoin d'une nouvelle autorisation provisoire de séjour pour se maintenir régulièrement sur le territoire français en attendant de pouvoir repartir et que l'instruction de la demande qu'elle a présentée en ce sens est, malgré ses relances, anormalement longue, ce qui est, selon elle, " inadmissible ". La requérante ne fait toutefois ainsi état, alors, au demeurant, que sa demande d'autorisation provisoire de séjour a été formulée le 7 novembre 2024, soit quinze jours seulement avant l'introduction de l'instance, d'aucune circonstance de nature à caractériser l'urgence particulière requise, ainsi qu'il a été dit au point précédent, pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. En outre, une demande présentée au titre de cet article implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié, non seulement d'une situation d'urgence, mais encore d'une atteinte grave portée à la liberté fondamentale invoquée ainsi que de l'illégalité manifeste de cette atteinte. Or Mme A ne fait état, dans ses écritures, d'aucun élément de nature à établir le caractère manifestement illégal de l'atteinte que le préfet du Val-de-Marne aurait porté à une liberté fondamentale en s'abstenant de lui délivrer l'autorisation provisoire de séjour qu'elle a sollicitée.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 22 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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