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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414598

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414598

mardi 26 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414598
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante malienne, qui demandait la délivrance sous astreinte d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que l'urgence particulière requise pour l'application de cette procédure n'était pas caractérisée, faute pour la requérante d'avoir apporté des éléments probants sur la suspension de son contrat de travail ou sur sa capacité à subvenir à ses besoins. La demande a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans instruction contradictoire ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, Mme A B épouse B, représentée par Me De Sa-Pallix, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail via le téléservice ANEF dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou de la convoquer dans ses services en vue de la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ou d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le même délai et sous la même astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme B, qui, de nationalité malienne, était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 4 novembre 2022 au 3 novembre 2024, a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 13 août 2024 au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ". Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, soit de mettre à sa disposition, via le même téléservice, une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande l'autorisant à exercer une activité professionnelle, soit de la convoquer à la préfecture en vue de la remise d'un récépissé de ladite demande l'autorisant à exercer une activité professionnelle ou d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle.

3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures ou, à tout le moins, à très bref délai.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire la mesure d'injonction qu'elle sollicite, Mme B, qui, contrairement à ce qu'elle prétend, ne bénéficie à cet égard d'aucune présomption, fait valoir qu'alors qu'elle séjourne régulièrement en France depuis de nombreuses années et qu'elle a demandé le renouvellement de son dernier titre de séjour dans le délai imparti, elle se trouve placée, faute d'être munie d'une attestation de prolongation de l'instruction ou d'un récépissé de cette demande l'autorisant à exercer une activité professionnelle, dans une situation créant une véritable angoisse dans son for intérieur, dans laquelle, d'une part, elle ne peut justifier de la régularité de son séjour en France, ce qui l'expose, en cas de contrôle, au risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, d'autre part, elle ne peut continuer à travailler pour subvenir à ses besoins. Toutefois, elle n'apporte aucun élément permettant de tenir pour établies ses allégations selon lesquelles son employeur aurait, à une date indéterminée, suspendu son contrat de travail jusqu'à ce qu'elle lui produise un nouveau document de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle. Elle ne fournit en outre aucune précision permettant d'apprécier, à la date de la présente ordonnance, sa capacité actuelle à subvenir à ses besoins. Dans ces conditions, les circonstances qu'elle invoque ne peuvent être regardées comme suffisant, en l'état de l'instruction, à caractériser l'urgence particulière requise, ainsi qu'il a été dit au point précédent, pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse B.

Fait à Melun, le 26 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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