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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414772

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414772

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414772
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun, rendue en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, concerne la demande de M. B, ressortissant malgache, qui sollicitait la délivrance d'un justificatif de régularité de séjour (récépissé ou attestation de prolongation d'instruction) après avoir demandé le renouvellement de son titre de séjour "étudiant". Le juge a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, dès lors que le requérant n'avait pas justifié de circonstances particulières rendant nécessaire une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles R. 431-2 et R. 431-5, ainsi que sur l'arrêté du 27 avril 2021 relatif aux demandes de titres de séjour par téléservice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Vasram, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un justificatif de la régularité de son séjour, prenant la forme soit d'un récépissé de dépôt soit d'une attestation de prolongation d'instruction, dans le délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'il est dénué de document l'autorisant à séjourner et à travailler régulièrement sur le territoire français et que son employeur a suspendu son contrat de travail ;

- l'abstention de l'administration de lui délivrer un tel document porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit d'exercer une activité professionnelle ;

- cette atteinte est imputable à l'administration dans l'exercice de ses pouvoirs.

La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, Mme Billandon a lu son rapport et entendu les observations de Me Vasram, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens, M. B n'ayant pas reçu de la part du préfet de justificatif de la régularité de son séjour en France.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malgache né en 2003, est entré en France muni d'un visa de long séjour " étudiant " et s'est vu délivrer un titre de séjour en cette qualité, valable en dernier lieu jusqu'au 18 novembre 2024. Le 25 septembre 2024, il a demandé au préfet du Val-de-Marne le renouvellement de ce titre de séjour. Constatant qu'aucun document ne lui avait été délivré dans le cadre du dépôt de cette demande, de nature à justifier la régularité de son séjour en France, par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un justificatif de la régularité de son séjour, prenant la forme soit d'un récépissé de dépôt soit d'une attestation de prolongation d'instruction, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. () ". Aux termes de l'article L. 411-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : () 3° Une carte de séjour temporaire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. () ". Et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 susvisé, figurant à l'annexe 9 du même code : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : / 1° A compter du 1er mai 2021, les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention " étudiant " ou " étudiant-programme de mobilité " mentionnées aux articles L. 422-1 () ".

4. Comme il a été dit au point 1, M. B était titulaire d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant, valable jusqu'au 18 novembre 2024. Il résulte de l'instruction qu'il n'en a demandé le renouvellement que le 25 septembre 2024 sur le téléservice visé à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit après l'expiration du délai qui lui était imparti, tel que fixé par les dispositions précitées de l'article R. 431-5 du même code. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à invoquer devant le juge des référés une situation d'urgence qui lui est imputable.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner si le préfet du

Val-de-Marne a porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale de M. B, il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble pour défaut d'urgence.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du

Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : I. BillandonSigné : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

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