lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414993 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, Madame B A, représentée par Me Carrillo Cruz, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision prise par le préfet du Val-de-Marne, en date du 18 novembre 2024, clôturant sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du titre de séjour lui autorisant à travailler et à franchir les frontières Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité colombienne, elle est entrée en France le 19 septembre 2019, qu'elle vit avec un ressortissant français avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité, qu'elle a tenté de régulariser sa situation en déposant sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de solliciter son admission exceptionnelle au séjour, qu'elle a pu enfin le faire le 11 avril 2023, qu'elle n'a eu aucune réponse, qu'elle a épousé son compagnon le 14 août 2024 à Alfortville (Val-de-Marne), qu'elle a donc déposé une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français le 20 août 2024 et qu'elle a été informée le 18 novembre 2024 que son dossier avait été clôturé et son compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France fermé.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a droit à un titre de séjour et qu'elle se retrouve en situation d'insécurité juridique et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024 sous le numéro 2414844, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame B A, ressortissante colombienne née le 25 février 1985 à Granada, entrée en France le 1er octobre 2019 avec sa fille née en avril 2006, a épousé le 14 août 2024 en mairie d'Alfortville (Val-de-Marne), un ressortissant français, avec qui elle avait conclu un pacte civil de solidarité le 25 février 20210. Le 11 avril 2024, elle avait déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour et seule une attestation de dépôt lui avait été remise à cette occasion. Elle n'a eu aucune réponse à cette demande. A la suite de son mariage, elle indique avoir déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français le 20 août 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Cette demande a été clôturée le 18 novembre 2024 au motif que, l'intéressée ne pouvant produire de visa d'entrée, sa demande relevait de l'admission exceptionnelle au séjour. Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024, Madame A a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du 4 décembre 2024, la suspension de son exécution
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
3 Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de
justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.
4 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la requérante a pu déposer, après l'intervention du présent tribunal, sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en préfecture du Val-de-Marne le 11 avril 2023. En l'absence de toute réponse de l'administration dans le délai de quatre mois, mentionné à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle devait considérer s'être vu opposer une décision implicite de rejet à la date du
12 août 2023. Elle n'établit ni ne soutient voir contesté cette décision après cette date, ayant choisi, un an plus tard, de déposer une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français sur le fondement de l'article L. 423-1 du même code.
6 Par suite, Madame A n'est pas fondée à soutenir que la condition d'urgence serait satisfaite dès lors qu'elle n'a pas effectué en temps voulu les démarches nécessaires en vue de contester la décision implicite de rejet qui lui avait été opposée il y a quinze mois, la situation de précarité administrative comme d'impossibilité de travailler, qui est au demeurant la sienne depuis plus de cinq ans, résultant de son propre comportement et de sa propre négligence, et la circonstance, à la supposer établie, que sa nouvelle demande de titre de séjour, déposée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, en qualité de conjoint de français, aurait été clôturée à tort par l'administration étant sans incidence.
7 Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1erer : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au préfet du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2414993
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026