vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415002 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | NEGREVERGNE-FONTAINE-DESENLIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, M. B C, représentant une communauté de gens de voyage, représentés par Me Nègrevergne, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 2 décembre 2024 du préfet de Seine-et-Marne (sous-préfet de Meaux) ;
2°) de constater que l'arrêté litigieux ne relève pas d'un terrain public mais privé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que lui et sa communauté se sont installés sur un parking privé situé rue Clément Ader à Dammartin-en-Goële, car cette commune comprend une aire d'accueil qui ne satisfait pas à l'ensemble des obligations au titre du schéma départemental d'accueil des gens du voyage selon la loi du 5 juillet 2000 et que, par un arrêté du 2 décembre 2024, le sous-préfet de Meaux les a mis en demeure de quitter ces lieux sous 48 heures sous peine de procéder à leur évacuation forcée.
Il soutient que la décision en cause porte une atteinte grave et manifestement illégale à leur situation car des personnes handicapées et des enfants se trouvent parmi leur communauté et que son exécution porterait atteinte à leur droit à la scolarisation d'un enfant ainsi qu'à leur droit à ne pas être soumis à un traitement inhumain et dégradant, à une vie privée et familiale normale et à leur liberté d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention enregistré le 5 décembre 2024, la société " Kuehne + Nagel " représentée par Mes Krzisch et Balme Leygues, conclut au jet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique tenue le 5 décembre 2024, tenue en présence de Mme Sistac, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu :
- les observations de Me Desenlis, représentant M. C, requérant, qui maintient ses conclusions tendant à la suspension de la décision contestée,
- les observations de M. A, représentant le préfet de Seine-et-Marne qui rappelle qu'un nombre suffisant de place de stationnement sont disponibles dans les aires d'accueil de Seine-et-Marne,
- et les observations de Me Balme, représentant la société " Kuehne + Nagel ", qui rappelle les conséquences pour la sécurité publique du stationnement illicite constaté.
La société " Kuehne + Nagel " représentée par Mes Krzisch et Balme Leygues, a présenté une note en délibéré le 5 décembre 2024.
Le préfet de Seine-et-Marne a produit des pièces complémentaires le 6 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 octobre 2024, des personnes appartenant à la communauté des gens du voyage se sont installées sur un terrain situé à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), dans la zone d'activité, soit un parking appartenant à la société " Kuehne + Nagel " destiné à ses employés. Le 7 octobre 2024, le représentant de cette société a déposé une plainte auprès de la gendarmerie pour occupation illicite. Le 22 octobre 2024, le maire de la commune a sollicité l'intervention du préfet afin de mettre en œuvre une mise en demeure administrative aux fins d'une expulsion. Par un arrêté du 2 décembre 2024, notifié le 3, le préfet de Seine-et-Marne a mise en demeure les occupants de ce terrain de quitter les lieux dans les 48 heures. Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, M. B C et les autres occupants de ce terrain demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de la condition d'urgence, les requérants soutiennent que la décision en cause porte atteinte au droit de la scolarisation d'un enfant, à leur droit de ne pas être soumis à un traitement inhumain ou dégradant, à un droit à une vie privée et familiale normale et leur liberté d'aller et de venir.
5. Toutefois, par elle-même, la décision contestée ne porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors qu'elle n'a aucune conséquence sur la scolarisation des enfants de la communauté puisque l'installation a eu lieu le 5 octobre 2024 soit un mois après la rentrée scolaire sans qu'il soit précisé où étaient scolarisés les enfants de la communauté avant cette date, qu'elle n'a aucune conséquence sur la vie privée et familiale des requérants, puisqu'il leur est demandé de quitter ensemble le lieu de stationnement illicite où ils se maintiennent, et qu'elle ne les empêche pas de s'installer librement dans une des aires d'accueil du département, qui disposent, à la date de la présente ordonnance, et selon les informations du préfet de Seine-et-Marne, d'un nombre de places suffisant pour les accueillir.
6. Par suite, la requête de M. C et la communauté des gens du voyage qu'il représente, ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et la communauté des gens du voyage qu'il représente est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à la commune de Dammartin-en-Goële, à la société " Kuehne + Nagel " et au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
M. AYMARDLa greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°241500
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026