Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415070

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415070
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHVETZOFF

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, était saisi par M. B d’une demande de suspension d’un permis de construire délivré par le maire de Saint-Maur-des-Fossés. En cours d’instance, le maire a retiré ce permis par un arrêté du 12 décembre 2024. Le juge des référés a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension, devenues sans objet, et a rejeté les conclusions accessoires présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Darson, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 août 2024 par lequel le maire de Saint-Maur-des-Fossés a accordé un permis de construire à M. C pour la reconstruction à l'identique et l'extension d'une maison individuelle sur le terrain situé 4 avenue Vergniaud, ainsi que de la décision du 25 novembre 2024 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2024, M. D C, représenté par Me Chvetzoff, conclut à la constatation d'un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B.

La requête a été communiquée à la commune de Saint-Maur-des-Fossés qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- la requête n° 2415003 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du même code, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 dudit code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de l'instance, le maire de Saint-Maur-des-Fossés a, par un arrêté du 12 décembre 2024, retiré l'arrêté du 8 août 2024 par lequel il avait accordé un permis de construire à M. C pour la reconstruction à l'identique et l'extension d'une maison individuelle sur le terrain situé 4 avenue Vergniaud. Les conclusions de la requête de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté du 8 août 2024, ainsi que de la décision du 25 novembre 2024 rejetant le recours gracieux du requérant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont, par suite, devenues sans objet.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a, par ailleurs, pas lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés la somme que M. B demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension présentées par M. B au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Saint-Maur-des-Fossés ainsi qu'à M. D C.

Fait à Melun, le 23 décembre 2024.

Le juge des référés,

P. ZANELLA

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,