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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415234

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415234

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415234
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun rejette la requête en référé liberté de Madame A, ressortissante algérienne, qui demandait la délivrance d’un récépissé incluant les déplacements hors de France. Le juge des référés estime que le silence gardé par la préfète du Val-de-Marne pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. Il rappelle qu’un refus de titre de séjour ne constitue pas, par lui-même, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. La requête est donc rejetée pour défaut de condition de fond, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, Madame B A, représentée par Me Bekel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé incluant les déplacements hors de France ;

2°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de réexaminer son dossier ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France munie d'un visa d'installation portant la mention " visiteur ", qu'elle a déposé une demande de titre de séjour le 22 septembre 2023 et qu'elle n'a eu aucune réponse, sauf celle lui demandant de patienter, qu'elle est bloquée et ne peut plus voyager.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut plus circuler faute de document l'y autorisant et que la décision en cause porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame B A, ressortissante algérienne né le 30 septembre 1952 à Hussein Dey, entrée en France le 12 septembre 2023 munie d'un visa de long séjour portant la mention " visiteur " délivré par les autorités consulaires françaises à Alger, a déposé le 22 septembre 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de certificat de résidence en cette qualité. Elle n'a reçu aucune réponse de la préfète du Val-de-Marne malgré plusieurs relances du service. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé incluant les déplacements hors de France et de réexaminer son dossier.

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () "

3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

4 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

5 Il ressort des pièces du dossier que, le 22 septembre 2023, Mme A a déposé une demande de certificat de résidence algérien portant la mention " visiteur " sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Le défaut de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, comme de toute réponse du préfet du Val-de-Marne dans un délai de quatre mois après cette date, ne peut qu'avoir fait naître une décision implicite de rejet à la date du 23 janvier 2024.

6 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au préfet du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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