mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415238 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, Madame C A B épouse D A, représentée par Me Papinot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du préfet du Val-de-Marne de refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé de renouvellement de titre ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de renouvellement de titre dans un délai de 3 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité colombienne, elle est entrée en France avec un visa de visiteur et a obtenu un titre de séjour valable jusqu'au 10 janvier2 025, qu'elle en a demandé le renouvellement le 13 novembre 2024 et qu'elle n'a eu aucune réponse.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut plus démontrer la régularité de son séjour et que la décision en cause porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir et à son droit à une vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le règlement (UE) 2018/1806 du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2018 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation, modifié en dernier lieu par la règlement (UE) 2024/2495 du Parlement européen et du Conseil du 18 septembre 2024 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
-
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame C A B, ressortissante colombienne née le 21 mars 1973 à Medellin, entrée en France en dernier lieu le 11 février 2019, a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " valable jusqu'au 10 janvier 2025 délivrée par la préfète du Val-de-Marne. Elle en a demandé le renouvellement le 13 novembre 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé incluant les déplacements hors de France et de réexaminer son dossier.
2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
4 Il résulte de l'article R. 431-5 du le code de l'entrée du séjour et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger qui séjourne déjà en France présente sa demande de titre de séjour dans les délais suivants " 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".
5 Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () ".
6 Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : () 4° A compter du 13 septembre 2021, les demandes de duplicatas de titre de séjour, les demandes de changement d'adresse ainsi que les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention " visiteur " délivrées en application de l'article L. 426-20 du même code et de certificats de résidence algériens portant la mention " visiteur " délivrés en application de l'article 7 a de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; () ".
7 Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue de délivrer une attestation de prolongation d'instruction, à la suite du dépôt d'une demande de titre de séjour devant être effectuée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, lorsque cette instruction se prolonge au-delà de la durée de validité du précédent titre, que dans le cas où la demande est complète et a été déposée dans les délais.
8 En l'espèce, il résulte de l'instruction que Madame A B, qui devait présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour par le biais du téléservice dans un délai compris entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour précédant l'expiration de ce document, n'a présenté sa demande de renouvellement que le 13 novembre 2024, soit au-delà du délai résultant de ces dispositions.
9 Ainsi, et alors que sa carte de séjour est encore valable un mois à la date de la présente ordonnance, l'intéressée ne peut se prévaloir de ce que l'absence de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction serait constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
10 Au surplus, si la requérante peut être entendue comme faisant valoir le fait qu'elle aurait prévu un voyage en Colombie du 1er au 31 janvier 2025, avec un retour prévu au-delà de la validité de son titre de séjour actuel, il est constant qu'elle a la nationalité d'un pays dont les ressortissants sont exemptés de l'obligation de visa lors du franchissement des frontières extérieures des Etats membres en application de l'annexe II du règlement (UE) 2018/1806 du 14 novembre 2018 susvisé.
11 Dans ces conditions, la requête de Madame A B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, la condition particulière d'urgence de l'article L. 521-2 du même code n'étant pas satisfaite.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame C A B et au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026