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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415246

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415246

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415246
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B, ressortissante marocaine, qui demandait la délivrance sous astreinte d'une carte de séjour "membre de famille d'un citoyen européen". Le juge constate que le silence de la préfecture du Val-de-Marne pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. Il rappelle qu'un refus de titre de séjour ne constitue pas, par lui-même, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2, et que la condition d'urgence n'est pas caractérisée. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, Mme C B épouse E demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne et à tout préfet compétent de lui délivrer une carte de séjour " membre de famille d'un citoyen européen ", dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle indique que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France avec un visa portant la mention " famille A ", qu'elle a déposé une première demande de titre de séjour en cette qualité en préfecture du Val-de-Marne qui a été clôturée le 25 juillet 2024 puis une seconde le

29 juillet 2024 et qu'elle n'a eu aucune réponse.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut plus démontrer la régularité de son séjour et que la décision en cause la maintient dans l'illégalité et la prive de ses droits, en particulier pour travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Mme B, ressortissante marocaine née le 20 avril 2002 à Taghzoute N'Ait Atta, est entrée en France le 21 janvier 2024 muni d'un visa portant la mention " Famille A/F " délivré par les autorités consulaires françaises à Casablanca, à la suite de son mariage avec un ressortissant espagnol célébré le 15 juillet 2022. Elle a déposé, le 29 juillet 2024, une demande de titre de séjour portant la mention " membre de famille A/G " sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, et n'a reçu aucune réponse et ne s'est vu délivrer aucune attestation de prolongation d'instruction, malgré de nombreuses demandes en ce sens auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour " membre de famille d'un citoyen européen ".

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

4 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :

" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. () ".

5 Il résulte des pièces du dossier que, le 29 juillet 2024, Mme B a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " membre de famille A/G " sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Le défaut de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, comme de toute réponse du préfet du Val-de-Marne dans un délai de quatre mois, ne peut qu'avoir fait naître une décision implicite de rejet à la date du 29 novembre 2024.

6 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse D

El Harchaoui et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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