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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415350

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415350

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415350
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante algérienne, qui demandait la suspension du refus verbal de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour par le préfet du Val-de-Marne. Le juge a estimé que l’absence de remise immédiate du récépissé ne constitue pas en soi un refus, et que la requérante n’a pas apporté la preuve de l’existence de la décision contestée. Les conclusions ont donc été jugées manifestement irrecevables, faute d’objet. L’ordonnance se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative et l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, Mme A C B, représentée par Me Siran, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 novembre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Siran, au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, si elle est définitivement admise à l'aide juridictionnelle ou, dans le cas contraire, à elle-même, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il ressort de ses écritures que Mme B, ressortissante algérienne née le 11 août 1994 et entrée en France le 5 août 2022, doit être regardée comme sollicitant, dans la présente instance, la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une décision par laquelle un agent de la préfecture du Val-de-Marne aurait verbalement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour le 8 novembre 2024, lors du rendez-vous auquel elle avait été convoquée pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

3. Alors que l'absence de remise immédiate du récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lors du dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait s'analyser comme traduisant par elle-même un refus de délivrance d'un tel document, la requérante n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de la décision verbale en litige. Il apparaît ainsi manifeste qu'en l'état de l'instruction, ses conclusions à fin de suspension sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme B, qu'il y a lieu de rejeter la requête de celle-ci, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B et à Me Siran.

Fait à Melun, le 4 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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