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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415405

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415405

mercredi 22 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415405
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPAMLAW - AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du maire de L'Haÿ-les-Roses du 16 août 2023, qui ne s'opposait pas à la déclaration préalable de la société Free Mobile pour l'implantation d'une station-relais de téléphonie mobile. Les requérants, voisins immédiats, invoquaient l'urgence et plusieurs moyens sérieux, notamment la méconnaissance des articles UD.1, UD.6, UD.10, UD.11 et UD.12 du règlement du PLU, ainsi que des articles R. 111-2, R. 111-26 et L. 111-11 du code de l'urbanisme. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie et que les moyens soulevés ne créaient pas de doute sérieux sur la légalité de la décision, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 décembre 2024, M. R E, Mme S F, M. J O, M. Q K, Mme M (et Anh Tuan) Lê, Mme U L, M. Q G, Mme H B, M. A D, Mme C I et Mme N et M. P V, représentés par Me Bidault, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de L'Haÿ-les-Roses du 16 août 2023 de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile pour l'implantation d'une station-relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée AK n° 109, sise 55 rue de Chalais ;

2°) de mettre à la charge de la commune de L'Haÿ-les-Roses une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie dès lors que les travaux ont débuté et que leur exécution emporte des conséquences difficilement réversibles ;

- M. E, Mme F, M. O, M. K, Mme Lê, Mme L, M. G, Mme B, M. D, Mme I et M. et Mme V ont intérêt à agir dès lors qu'ils ont la qualité de voisins immédiats du terrain d'assiette du projet ;

- il n'est pas établi que Mme T aurait bénéficié d'une délégation de signature lui donnant compétence pour signer l'arrêté en litige ;

- le dossier de déclaration préalable ne comporte pas l'ensemble des documents requis par la règlementation d'urbanisme, à défaut de permettre d'apprécier l'impact visuel du projet sur la chapelle Sainte Louise de Marillac, monument protégé dont les douze ouvertures du clocher seront totalement obstruées ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UD.1 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, alors que la chapelle est située au cœur d'un quartier résidentiel comportant notamment des écoles ;

- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UD.6 du règlement du plan local d'urbanisme, l'installation projetée n'étant pas nécessaire à des services publics ou des services d'intérêt collectif en raison de l'importante couverture réseau actuelle de la zone ;

- il est contraire aux dispositions de l'article UD.10 du règlement du plan local d'urbanisme, qui limite la hauteur maximale des constructions à 10 mètres pour la hauteur du faîtage alors que les antennes-relais en litige doivent être implantées à respectivement 9,50 mètres, 11,30 mètres et 13,20 mètres ;

- il ne respecte pas les dispositions de l'article UD.11 du règlement du plan local d'urbanisme, à défaut d'une implantation le plus en retrait possible de la façade ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UD.12-6 du règlement du plan local d'urbanisme, à défaut de toute information sur la réalisation de places de stationnement ;

- il est contraire aux dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que le projet impliquera un renforcement des réseaux ou a minima un raccordement au réseau d'électricité ;

- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-26 et de l'article L. 110-1 du code de l'urbanisme, au regard du risque sanitaire auquel les ondes et champs électromagnétiques exposeront la faune avoisinante ;

- le projet est incompatible avec la servitude aéronautique relative au couloir aérien de l'aéroport de Paris Orly.

Un mémoire a été enregistré pour la société Free Mobile le 9 janvier 2025.

Des pièces complémentaires présentées pour les requérants ont été enregistrées le 16 janvier 2025.

Vu :

- la requête enregistrée le 12 octobre 2023 sous le n° 2310742 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable () ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort () ". Selon l'article R. 600-5 de ce code : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative ". Il résulte des dispositions du premier alinéa de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme que l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés dans le cadre du recours au fond dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, qui intervient à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense produit dans l'instance, selon les termes de l'article R. 600-5 du même code, a pour effet de rendre irrecevable l'introduction d'une demande en référé tendant à la suspension de l'exécution de cette décision de non-opposition.

3. Le 16 août 2023, la commune de L'Haÿ-les-Roses a pris un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable déposée le 12 mai 2023 par la société Free Mobile pour l'implantation d'une station-relais de téléphonie mobile dans la chapelle Sainte Louise de Marillac, sur la parcelle cadastrale AK n° 109 sise 55 rue de Chalais. Plusieurs riverains de cette chapelle ont formé un recours gracieux, puis un recours contentieux contre cet arrêté, que le maire a retiré par une décision du 13 novembre 2023. La société Free Mobile a contesté la légalité de cette dernière décision et par une ordonnance n° 2403461 du 31 mai 2024, le juge des référés du présent tribunal a suspendu l'exécution de la décision de retrait du 13 novembre 2023. M. E, Mme F, M. O, M. K, Mme Lê, Mme L, M. G, Mme B, M. D, Mme I et Mme et M. V demandent, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de L'Haÿ-les-Roses du 16 août 2023.

4. Toutefois, il résulte de l'instruction que le recours en excès de pouvoir formé par les requérants pour contester la légalité de l'arrêté du maire de L'Haÿ-les-Roses du 16 août 2023 a été enregistré le 12 octobre 2023 par le greffe du présent tribunal, et que le premier mémoire en défense produit dans cette instance leur a été communiqué le 7 décembre 2023. Il s'ensuit que les conclusions présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, enregistrées le 12 décembre 2024, sont irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. E, Mme F, M. O, M. K, Mme Lê, Mme L, M. G, Mme B, M. D, Mme I et Mme et M. V sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. E, Mme F, M. O, M. K, Mme Lê, Mme L, M. G, Mme B, M. D, Mme I et Mme et M. V est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. R E, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants.

Copie en sera adressée à la commune de L'Haÿ-les-Roses et à la société Free Mobile.

La juge des référés,

C. Letort

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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