jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415449 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | D |
| Formation | 12ème chambre, éloignement (Collégiale) |
| Avocat requérant | MAOUCHE DE FOLLEVILLE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre enregistrée le 27 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Maouche de Folleville, demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de prendre, sans délai et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2311108 du 20 mars 2024 annulant l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel la préfète du
Val-de-Marne l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, enjoignant à cette autorité, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer sa situation dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient qu'en dépit de plusieurs courriers électroniques envoyés aux services de la préfecture du Val-de-Marne, elle n'a reçu aucune réponse à sa demande et que de ce fait, la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté le jugement du 20 mars 2024.
Par une ordonnance du 10 décembre 2024, la présidente du tribunal a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture de la phase juridictionnelle.
Le préfet du Val-de-Marne a produit une note en délibéré, enregistrée le 2 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement du tribunal n° 2311108 du 20 mars 2024 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Combes, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne a obligé
Mme B A, ressortissante cambodgienne, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée et l'a interdite de retour pour une durée de deux ans. Par le jugement n° 2311108 du 20 mars 2024, le tribunal administratif de Melun, après avoir annulé l'arrêté du 18 octobre 2023, a enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour. Dans le cadre de la présente instance, Mme A demande au tribunal d'assurer l'exécution de ce jugement.
Sur la demande d'exécution :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-3 du même code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ".
4. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être
5. Il résulte de l'instruction que le préfet du Val-de-Marne a produit le 7 avril 2025 un échange de courriers électroniques, dont il ressort que ses services ont sollicité, le
6 septembre 2024, l'avocat de la requérante afin d'obtenir plusieurs documents en vue de la communication d'une convocation à Mme A, et qu'alors qu'il est établi que ces documents ont effectivement été communiqués le 9 septembre 2024, les services de la préfecture font mention du contraire, dans un courrier électronique du 7 avril 2025 versé aux débats.
6.En se bornant à produire ces échanges, le préfet du Val-de-Marne ne justifie ni, avoir réexaminé la situation de l'intéressée, ni lui avoir délivré une autorisation provisoire de séjour, et ainsi avoir pris les mesures nécessaires à l'exécution de l'article 2 de ce jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de l'État, à défaut pour le préfet du
Val-de-Marne de justifier de l'exécution de l'article 2 du jugement n° 2311108 du 20 mars 2024 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ledit article du jugement aura reçu exécution.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que la préfète du Val-de-Marne n'a pas procédé à l'exécution de l'article 2 du jugement n° 2311108 du
20 mars 2024.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne d'exécuter l'article 2 du jugement du tribunal administratif de Melun n° 2311108 du 20 mars 2024 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'État, si le préfet du Val-de-Marne ne justifie pas, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, avoir pris les mesures qu'impose l'article 2 du jugement du tribunal administratif de Melun n° 2311108 du
20 mars 2024. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le préfet du Val-de-Marne communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter ce jugement.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, et au préfet du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Combes, président,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
Le président-rapporteur,L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,Signé : R. CombesSigné : T. BourgauLa greffière,Signé : C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026