vendredi 23 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12ème chambre, éloignement (Collégiale) |
| Avocat requérant | DIARRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 décembre 2024 et 13 mars 2025, M. B A, représenté par Me Diarra, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 décembre 2024 par lequel le préfet de la
Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou à défaut de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- qu'il est entaché d'erreur de fait et d'erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- qu'il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 213 de l'accord franco-congolais du 25 octobre 2007, ainsi que de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par mémoire en défense enregistré le 12 mars 2025, le préfet de la Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-congolais du 25 octobre 2007 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Combes, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Diarra, pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant congolais né en1996, a sollicité le 5 novembre 2024 une autorisation provisoire de séjour au titre des stipulations de l'article 213 de l'accord franco-congolais du 25 octobre 2007. Par décisions en date du 2 décembre 2024, le préfet de la Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer cette autorisation provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Et aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
3. L'arrêté contesté vise, notamment, les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'accord franco-congolais du 25 octobre 2007, ainsi que les dispositions des articles
L. 611-1 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et fait notamment état de ce que M. A, célibataire, ne justifie pas détenir un diplôme au grade de Master ou de niveau 7 labellisé par la conférence des grandes écoles, obtenu dans l'année dans un établissement d'enseignement habilité au plan national. L'acte litigieux indique en outre que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine, de sorte que les décisions qu'il contient sont suffisamment motivées.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la
Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à l'examen complet de la situation de
M. A. Si la décision attaquée mentionne qu'il est sans emploi, alors qu'il occupe un poste de régulateur de nuit polyvalent dans le cadre d'un contrat d'intérim, il ressort des considérations exposées au paragraphe 5 que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ce motif effectivement erroné. Par suite, le moyen doit être écarte.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 213 de l'accord franco-congolais du
25 octobre 2007 : " Une autorisation provisoire de séjour d'une durée de validité de neuf mois non renouvelable est délivrée au ressortissant congolais qui, ayant achevé avec succès, dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, un cycle de formation conduisant à un diplôme au moins équivalent au master, souhaite dans la perspective de son retour au Congo compléter sa formation par une première expérience professionnelle en France. Pendant la durée de cette autorisation, son titulaire est autorisé à chercher et, le cas échéant, à exercer un emploi en relation avec sa formation et assorti d'une rémunération au moins égale à une fois et demie la rémunération mensuelle minimale en vigueur en France. À l'issue de cette période de neuf mois, l'intéressé pourvu d'un emploi ou titulaire d'une promesse d'embauche, satisfaisant aux conditions énoncées ci-dessus, est autorisé à séjourner en France pour l'exercice de son activité professionnelle, sans que soit prise en considération la situation de l'emploi. ".
6. En l'espèce, il est constant que M. A a obtenu au titre de l'année universitaire 2022-2023 un diplôme intitulé " BAC + 5 Commerce, Achat, Supply Chain " délivré par l'" Institut de langues et de commerce international ", dont il n'est pas établi qu'il s'agirait d'un diplôme au moins équivalent au master obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national. Par ailleurs, il résulte des termes mêmes de sa requête, ainsi que le relève le préfet dans son mémoire en défense, que l'intéressé a sollicité l'autorisation provisoire de séjour prévue par les stipulations précitées, non pas dans la perspective de son retour au Congo, mais dans l'attente d'un changement de statut en vue de séjourner en France au titre de son activité professionnelle, sous couvert d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Dès lors que le requérant ne remplit ainsi pas les conditions exigées par l'article 213 de l'accord franco-congolais du 25 octobre 2007, le moyen tiré de la violation de ses stipulations ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, où à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. M. A fait valoir qu'il réside régulièrement sur le territoire français depuis le mois d'août 2021, qu'il y détient des attaches familiales, plusieurs de ses oncles, tantes, cousins et cousines y demeurant régulièrement, et qu'il s'est bien intégré à la société française, notamment par ses études et son activité professionnelle d'aide magasinier puis de régulateur de nuit polyvalent, exercée en intérim depuis le mois de septembre 2023. Toutefois, ces éléments ne sont pas d'une intensité et d'une ancienneté telles que l'arrêté attaqué porterait au droit au respect de sa vie privée et familiale du requérant, qui ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, ni être dans l'impossibilité de s'y réinsérer socialement, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, et méconnaitrait, par suite, les stipulations précitées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Combes, président,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2025.
Le président-rapporteur,L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,Signé : R. CombesSigné : T. BourgauLa greffière,Signé : C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026