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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415767

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415767

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415767
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun rejette la requête de Mme A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet d'exécuter une précédente ordonnance du 4 avril 2024 du tribunal de Montreuil lui ordonnant de délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le juge des référés constate que la requérante dispose d'une autre voie de droit pour obtenir l'exécution de cette décision, à savoir la procédure spécifique prévue à l'article L. 911-4 du même code. Il en déduit que la condition d'urgence particulière requise pour l'application de l'article L. 521-2 n'est pas établie, la procédure de droit commun étant suffisante pour sauvegarder ses droits. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'atteinte aux libertés fondamentales alléguée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Haik, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou tout préfet territorialement compétent tel que le préfet du Val-de-Marne, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 200euros par jour de retard, d'exécuter l'ordonnance n°2403423 du 4 avril 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre des frais exposés pour sa défense en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, par une ordonnance du 4 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a suspendu l'exécution de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait été refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour et a enjoint à cette autorité de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance, que, par une ordonnance du 2 mai 2024, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Melun la requête en annulation formée contre la décision du 26 décembre 2023 et que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas exécuté l'ordonnance du 4 avril 2024.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite en raison de la carence observée tant par le préfet de la Seine-Saint-Denis que par celui du Val-de-Marne à exécuter l'ordonnance du 4 avril 2024, car elle ne peut plus travailler depuis le 8 janvier 2024, et que la décision contestée porte atteinte à son droit à voir une décision de justice exécutée dans un délai raisonnable ainsi qu'à sa liberté d'aller et de venir et sa liberté personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance du 4 avril 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a suspendu l'exécution d'une décision en date du 26 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait refusé à Madame B A, ressortissante haïtienne née le 11 novembre 1987 à Port-au-Prince, le renouvellement de son titre de séjour et a enjoint à cette autorité de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois. Par une ordonnance du 2 mai 2024, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au présent tribunal la requête en annulation présentée le 7 février 2024 par Madame A demandant l'annulation de la décision du

26 décembre 2023, au motif qu'à la date de sa requête, comme d'ailleurs à celle de la décision attaquée, elle avait déplacé son domicile à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Le 16 avril 2024, le conseil de Madame A a fait parvenir au préfet de la Seine-Saint-Denis et à la préfète du Val-de-Marne une demande d'exécution de l'ordonnance du 4 avril 2024, demandes restées sans réponse. Ces demandes ont été renouvelées les 12 juillet et 2 octobre 2024, sans succès. Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, Madame A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet du Val-de-Marne d'exécuter cette ordonnance.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de

l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Si l'inexécution totale ou partielle d'une décision rendue par une juridiction administrative est régie normalement par la procédure définie par l'article L. 911-4 du code de justice administrative, l'existence de cette procédure ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce que la partie intéressée présente au juge des référés une demande tendant à ce qu'il ordonne une mesure d'urgence sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pour autant qu'il est satisfait à l'intégralité des conditions posées par ce texte pour sa mise en œuvre.

4. En l'espèce, pour justifier de la condition d'urgence particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requérante soutient qu'elle est dépourvue de tout droit au séjour et tout droit au travail alors qu'elle prouve une résidence habituelle en France depuis le 24 décembre 2009 et qu'elle est la mère d'un enfant de nationalité française, et que son employeur la relance " continuellement " pour connaître l'état actuel de sa situation administrative.

5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'ordonnance dont il est demandé au juge des référés d'assurer l'exécution a été rendue le 4 avril 2024, soit il y a plus de huit mois et que la requérante n'a jamais saisi le tribunal administratif de Montreuil d'une demande d'exécution sur le fondement de la procédure de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, de sorte que la situation de précarité administrative qu'elle déplore dure depuis un an et n'a d'ailleurs pas fait obstacle à la poursuite de son engagement par l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris après la décision du 26 décembre 2023.

6. Par suite, la condition d'urgence particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'étant pas satisfaite, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée comme irrecevable selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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