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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415799

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415799

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415799
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantKARIMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2430009 du 28 novembre 2024, le président de la 1ère section du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal, sur le fondement des articles R. 351-3, R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative, la requête de M. E B, enregistrée au greffe de ce tribunal le 12 novembre 2024.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 novembre 2024 et 3 janvier 2025, M. E B, représenté par Me Karimi, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite née le 16 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté son recours préalable obligatoire contre la décision du 5 juillet 2024 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 800 euros à verser à son conseil, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le dépôt de sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France repose sur un motif légitime et qu'il est en situation de vulnérabilité ;

- elle méconnaît le droit au respect de sa dignité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 décembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a désigné M. Bourgau en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné ;

- les observations de Me Karimi, représentant M. A B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; elle conclut en outre à ce que soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; elle reprend les moyens soulevés dans ses écritures, qu'elle développe ;

- les observations de M. A B, assisté de M. C, interprète en langue persane, qui répond aux questions du tribunal ;

- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant iranien né le 30 janvier 1952 à Téhéran (Iran), est entré en France le 16 mai 2006. Le 5 juillet 2024, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée. Par une décision du même jour, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision née 16 septembre 2024, dont le requérant demande l'annulation, son recours préalable obligatoire contre la décision du 5 juillet 2024 a été implicitement rejeté par le directeur général de l'OFII.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".

3. Le conseil du requérant a indiqué à l'audience que le bureau d'aide juridique a rejeté sa demande d'aide juridictionnelle comme irrecevable. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : / () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ".

5. M. A B, entré sur le territoire français en 2006, n'a présenté sa demande d'asile que le 5 juillet 2024, soit plus de 90 jours après son entrée en France. Il se prévaut de ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine en raison, d'une part, de sa conversion à la religion chrétienne en 2021 et, d'autre part, de sa participation, en 2022 et 2023, à des manifestations contre le régime iranien dans le cadre du mouvement de contestation " Femme, Vie, Liberté ", lesquelles auraient été largement relayées sur les réseaux sociaux. Toutefois, il ne précise pas les dates des manifestations d'opposition concernées et ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations, de sorte que sa participation à ces manifestations ne peut être tenue pour établie. En revanche, il ressort de l'attestation établie par le curé de sa paroisse le 23 avril 2023 qu'il y a reçu le baptême le 4 avril 2021 après un catéchuménat débuté en 2019 et qu'il participe activement et régulièrement aux activités de la paroisse, au sein de laquelle il exerce les fonctions de sacristain. Dans ces conditions, et alors même qu'il ne produit pas son certificat de baptême, sa conversion ainsi que sa participation active à la vie de sa paroisse, non contestées, doivent être regardées comme établies.

6. De plus, il convient de noter que l'Iran est une République islamique dont la religion d'Etat est l'islam chiite selon l'article 12 de sa Constitution. Or, si l'Etat reconnait les chrétiens comme minorité religieuse, seuls les chrétiens d'origine arménienne ou assyrienne sont tolérés alors que les convertis sont considérés comme apostats. Selon le rapport d'ACN International sur la liberté religieuse dans le Monde publié en 2021, le crime d'apostasie n'est pas directement réprimé par le code pénal mais se déduit de l'application conjuguée des articles 220 du nouveau code pénal iranien et 167 de la Constitution habilitant les magistrats à appliquer la Charia en cas de lacunes dans le code pénal. Ainsi, le rapport annuel du département d'Etat américain sur la liberté religieuse dans le monde pour l'année 2020, publié en janvier 2021 et mis à jour en août 2021, souligne que les persécutions envers les convertis ont gagné en intensité. La plupart des personnes converties au christianisme qui ont été arrêtées et détenues ont été accusées de " propagande contre le système ", de " propagation de christianisme évangélique sioniste " ou d'" administration et gestion des églises informelles ". De plus, les rapports mondiaux publiés par l'organisation Human Rights Watch dans leur partie consacrée à l'Iran, le 17 janvier 2019 et le 13 janvier 2021 mentionnent que l'Etat a condamné une quarantaine de convertis d'origine musulmane à des peines de prison pour " travail missionnaire ", ces peines pouvant aller jusqu'à la peine de mort. Par ailleurs, il ressort du rapport du service finlandais de l'immigration paru en août 2015, intitulé " Christian converts in Iran ", que l'apostasie est considérée également comme une question de sécurité nationale en Iran. Dans une analyse rendue le 21 décembre 2021 et intitulée " COI Query : Iran, Religious freedom and conversion ", le bureau européen d'appui en matière d'asile (BEAMA) rapporte que le 21 juin 2021, trois chrétiens appartenant à l'Église d'Iran ont été persécutés sous le nouvel amendement de l'article 500 du code pénal iranien, qui pénalise désormais quiconque commet " toute activité éducative ou de prosélytisme déviante qui contredit ou interfère avec la loi sacrée de l'islam ", et inculpés d' " activités sectaires ". Dans ces conditions, et en ce qu'elles constituent une atteinte d'une gravité extrême au droit fondamental de la liberté religieuse, les sanctions encourues par tout ressortissant iranien convaincu d'apostasie doivent être regardées, au sens des stipulations de la convention de Genève, comme des persécutions aussi bien religieuses que politique, par l'effet du caractère théocratique de l'Etat iranien. En outre, les craintes exprimées par le requérant à l'égard des autorités de son pays sont confirmées par les sources d'informations publiquement disponibles. Selon le chapitre sur l'Iran du " World Report 2021. Events of 2020 ", publié par Human Rights Watch, le 13 janvier 2021, les autorités iraniennes n'hésitent pas à engager des poursuites judiciaires abusives pour des motifs fallacieux à l'encontre de toute personne considérée comme étant un opposant politique, un activiste ou un défenseur des droits de l'homme. Les autorités judiciaires iraniennes recourent ainsi à différentes dispositions du code pénal islamique afin de criminaliser la liberté d'expression, laquelle demeure très limitée en Iran, et de prononcer des condamnations du chef de " trouble à l'ordre public " (article 618), " crime contre la sécurité nationale " (article 610), " participation à un groupe dans le but de déstabiliser la sécurité nationale " (article 499), " propagande contre le système " (article 500), " insulte au leader suprême " (article 514), " insulte à des officiels " (article 609) et " propos mensongers avec l'intention de perturber l'opinion publique " (article 698). Un article du journal courrier international du 1er janvier 2022, intitulé " Iran - Partout, le régime traque ses opposants ", fait état de la définition large retenue par le régime pour établir le caractère menaçant d'un individu envers le régime ainsi que de la diversité des méthodes mises en place contre ces menaces. De surcroît, la liberté d'expression demeure très limitée en Iran, l'appareil de renseignement surveille de près les activités des citoyens présents sur les réseaux sociaux, en particulier les utilisateurs de l'application de messagerie Telegram, ainsi que les gestionnaires de réseaux sociaux. Selon le rapport " Iran : Evènements de 2016 ", publié par Human Rights Watch, ces derniers sont régulièrement convoqués ou arrêtés par les services de renseignements du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et accusés d'avoir fait des commentaires sur des questions jugées controversées ou d'avoir publié des propos obscènes ou des informations portant atteinte à la sécurité nationale. Par ailleurs, l'Iran dispose également d'un système de surveillance à l'étranger, lequel a pour mission d'infiltrer les mouvements d'opposition iraniens installés à l'étranger. Un article du journal RFI de janvier 2023 intitulé " " Ils font tout pour nous faire taire ", la diaspora iranienne face aux pressions du régime " illustre la continuité des menaces du régime envers les opposants iraniens malgré leur fuite du pays. Les membres des familles de la diaspora iranienne ne sont pas épargnés.

7. Enfin, lorsqu'un étranger établit l'existence d'un motif légitime justifiant la présentation de sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée sur le territoire français, aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoit que l'intéressé doit alors présenter sa demande d'asile dans un délai déterminé à compter de la survenance dudit motif légitime.

8. Dans ces conditions, et alors même que M. A B a présenté sa demande d'asile dix-huit ans après son entrée en France et plus de trois ans après son baptême, il doit être regardé comme établissant l'existence d'un motif légitime justifiant la présentation de sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France. Le requérant est ainsi fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite née le 16 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'OFII a rejeté son recours préalable obligatoire contre la décision du 5 juillet 2024 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".

11. M. A B, célibataire et sans charge de famille en France, se prévaut de sa vulnérabilité résultant de son âge, de son isolement, de son absence de ressources et de son état de santé. Il produit deux certificats médicaux, établis le 20 septembre 2019 par le médecin généraliste qui l'a suivi durant son incarcération de 2017 à 2019 et le 28 mars 2023 par son cardiologue, mentionnant qu'il souffre d'une hypertension artérielle ainsi que d'une cardiopathie ischémique avec antécédents de syndrome coronaire aigu en 2008 et 2014 au cours duquel il a subi une angioplastie, et que sa pathologie cardiaque nécessite une surveillance par des spécialistes, des examens réguliers ainsi que la prise d'un traitement médicamenteux pluriquotidien à vie. Il produit également la carte mobilité inclusion portant la mention " priorité pour personnes handicapées " qui lui a été délivrée le 23 novembre 2021 par le conseil départemental du Val-de-Marne avec une durée de validité permanente. Toutefois, il a déclaré lors de son entretien de vulnérabilité être propriétaire du logement qu'il occupe. Et il ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, de l'évolution défavorable de ses ressources qui lui avaient jusqu'alors permis de vivre en France depuis son arrivée en 2006, alors au demeurant qu'il exerce les fonctions de sacristain au sein de sa paroisse, du caractère inadapté de son logement ou de la nécessité d'une assistance par une tierce personne au regard de son handicap, de l'impossibilité financière d'accéder aux soins rendus nécessaires par son état de santé ou des refus de prise en charge par les dispositifs d'aide qu'il aurait, le cas échéant, sollicités. Dès lors, il ne justifie pas, par les seules pièces qu'il produit, d'un état de vulnérabilité justifiant l'octroi des conditions matérielles d'accueil.

12. Dans ces conditions, eu égard au motif qui en constitue le fondement, l'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint à l'OFII d'accorder à M. A B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En revanche, elle implique nécessairement que la situation de l'intéressé soit réexaminée. Il y a lieu d'enjoindre à l'OFII d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais de l'instance :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ".

14. D'une part, la demande d'aide juridictionnelle de M. A B ayant été rejetée, son avocate ne peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge de l'OFII, partie perdante, la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. A B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision implicite née le 16 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté le recours préalable obligatoire de M. A B contre la décision du 5 juillet 2024 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.

Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation de M. A B.

Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à M. A B la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Karimi et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.

Le magistrat,

Signé : T. BOURGAULa greffière,

Signé : S. AÏT MOUSSA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. AÏT MOUSSA

No 2415799

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