lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415866 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2024, M. C D, représentée par Me Morel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour, portant autorisation de travail, ou de lui remettre en main propre, un récépissé de demande de titre de séjour, portant autorisation de travail, sans délai à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 à L. 911-3 du code de la justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.500 euros au titre des frais irrépétibles et non compris dans les dépens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité algérienne, il est entré régulièrement en France le 13 janvier 2024 dans le cadre d'un regroupement familial présenté par son épouse, titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 25 avril 2025, qu'il a déposé une première demande de certificat de résidence algérien le 27 janvier 2024 qui a été clôturée au motif que son épouse ne disposait pas de titre de séjour, puis une seconde le 23 avril 2024, qu'il a bénéficié le 29 août 2024 d'une attestation de prolongation d'instruction valable trois mois et que sa demande a été une nouvelle fois clôturée au motif qu'il n'y avait pas de regroupement familial en cours, qu'il en a déposé une troisième le 10 décembre 2024 et qu'il n'a eu cette fois aucune attestation de prolongation d'instruction, que la condition d'urgence est satisfaite car il est entré régulièrement en France et a droit à un titre de séjour, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Par une décision du 4 décembre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a accueilli favorablement la demande de regroupement familial présentée par Madame A B au profit de son conjoint, M. C D, né le 12 janvier 1990 à Bordj Menaiel (wilaya de Boumerdès). Celui-ci est donc entré en France le 13 janvier 2024 muni d'un visa portant la mention " regroupement familial " délivré par les autorités consulaires françaises à Abu-Dhabi (Emirats Arabes Unis). Il a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de certificat de résidence algérien le 27 janvier 2024 qui a été clôturée par les services de la préfecture du Val-de-Marne le 19 avril 2024 au motif que son épouse ne disposait pas de titre de séjour. Le précédent certificat de résidence algérien de celle-ci, délivré par le préfet du Val d'Oise était arrivé à échéance le 30 novembre 2023 et le préfet du Puy-de-Dôme lui avait délivré, le 5 décembre 2023, un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 31 mai 2024, renouvelé par la préfète du Val-de-Marne le 26 avril 2024 pour trois mois. Madame B s'est vue ensuite délivrer un nouveau certificat de résidence algérien portant la mention " salarié " par la préfète du Val-de-Marne valable jusqu'au 25 avril 2025. M. D a déposé une deuxième demande sur cette même plateforme le 23 avril 2024 et la préfète du Val-de-Marne lui a délivré, le 29 août 2024, une attestation de prolongation d'instruction valable trois mois. Cette demande a été clôturée le 5 décembre 2024 au motif qu'il n'y avait aucune demande de regroupement familial enregistrée. M. D a déposé une troisième demande le 10 décembre 2024. Par une requête enregistrée le 21 décembre 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour, portant autorisation de travail.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la
rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4 En l'espèce, le préfet du Val-de-Marne a clôturé par deux fois la demande de certificat de résidence algérien déposée par M. D et a refusé, à la suite du troisième dépôt intervenu le 10 décembre 2024 de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de demande de titre de séjour.
5 Dans ces conditions, la demande formée par M. D sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est de nature à faire obstacle à l'exécution de ces décisions administratives, quand bien même les deux premières auraient été prises sur des fondements factuels erronés.
6 Par suite, la requête de M. D ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé étant toutefois fondé, s'il l'estime utile, à contester la légalité tant de la décision de clôture intervenue le 5 décembre 2024 que de celle révélée le 10 décembre 2024 de refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, par une requête en annulation devant le présent tribunal, assortie le cas échéant d'une requête en référé suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026