mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VIEIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2024, M. B D, représenté par
Me Vieira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2024, par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an à compter de l'exécution de la décision d'éloignement ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui accorder un délai de départ volontaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'une incompétence du signataire de l'acte ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnait les dispositions combinées des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense enregistré le 18 février 2025, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Une lettre du 6 février 2025 a informé les parties, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 1er avril 2025.
Une ordonnance du 1er avril 2025 a prononcé la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de M. Fanjaud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né le 15 novembre 2006 à Kebilli (Tunisie), déclare être entré sur le territoire français en mars 2024 et s'y être maintenu depuis lors. Le
17 décembre 2024, M. D a été interpellé et placé en garde à vue, pour des faits d'usage de produits stupéfiants commis le même jour, dans les locaux du commissariat de la circonscription de police nationale de Noisiel. A cette occasion, M. D a été entendu sur sa situation administrative. Par un arrêté pris le même jour, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête,
M. D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci a été signé par Mme C A. Par un arrêté n° 24/BC/51 du 24 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° D77-27-09-2024 le 27 septembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne a donné à Mme C A, attachée d'administration de l'Etat et cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture de Seine-et-Marne, délégation de signature à l'effet de signer toute mesure d'éloignement, dont notamment les décisions de quitter le territoire français, avec ou sans délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de renvoi et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D déclare être entré sur le territoire français au cours du mois de mars 2024, soit depuis neuf mois à la date de l'arrêté litigieux. En outre, l'intéressé n'établit pas ni même n'allègue avoir déplacé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français et ne démontre pas être dénué d'attaches personnelles, familiales et sociales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à sa majorité. En outre, M. D se borne à exposer qu'il a fui la Tunisie en raison des violences qui étaient exercées sur sa personne dans sa famille, sans toutefois étayer ses propos ou joindre des éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, M. D ne justifie pas d'une insertion professionnelle suffisamment stable et ancienne pour faire obstacle au prononcé des décisions litigieuses contenues dans l'arrêté du 17 décembre 2024. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de Seine-et-Marne aurait entaché ses décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an à l'encontre de M. D d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
5. Il ressort des termes de l'arrêté litigieux que la décision de quitter le territoire français mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont notamment les articles L. 611-1 1° et L. 613-1 précités. Par ailleurs, la décision attaquée mentionne également des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé et relève que M. D ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Ainsi, alors que l'autorité administrative n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait se rapportant à la situation du requérant et que la motivation de la décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs, la décision contestée est motivée en droit et en fait. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision litigieuse serait entaché d'un défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, le requérant soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait sans toutefois préciser son moyen, ne permettant ainsi pas d'en apprécier le bien-fondé. Il s'ensuit que ce moyen ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'à la date de la décision attaquée, l'intéressé a reconnu dans son audition qu'il n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès des services préfectoraux. Par ailleurs, à supposer que le motif tiré de ce que le comportement de M. D constituerait une menace pour l'ordre public soit illégal, il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré du risque de soustraction du requérant à la décision portant obligation de quitter le territoire français, légalement prévu à l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées au point 7 doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Tiennot, première conseillère,
M. Fanjaud, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.
Le rapporteur,
C. FANJAUD Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026