vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2416010 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 décembre 2024, M. A B demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de le convoquer afin de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour dès la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte d'un euro par jour de retard.
Il soulève les moyens suivants :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa carte de résident a expiré le 14 novembre 2023 et que son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour a expiré le 24 octobre 2024 alors que sa demande de titre de séjour date du 2 juin 2023 ;
- il est illégalement porté atteinte à sa liberté d'aller et venir et à son droit de mener une vie familiale normale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Issard, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a obtenu le bénéfice d'une carte de résident valable jusqu'au 13 novembre 2023, dont il a sollicité le renouvellement par une demande enregistrée le 2 juin 2023.
Sur l'office du juge du référé liberté :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R. 432-2 du même code précise que : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
5. Si M. B soutient que la décision lui refusant implicitement le renouvellement du récépissé qui lui avait été accordé méconnaît ses droits se déplacer et d'avoir une vie privée et familiale en France, il résulte de l'instruction qu'il a présenté sa demande de renouvellement de titre de séjour le 2 juin 2023, de sorte qu'à la date de la présente requête, le préfet du Val-de-Marne a, en vertu des dispositions citées au point précédent, déjà pris à son encontre une décision implicite de rejet de cette demande, ce qui implique que le récépissé du requérant n'avait pas à être renouvelé. Au demeurant, son dernier récépissé de demande de titre de séjour a expiré le 24 octobre 2024, soit plus de deux mois avant l'introduction de sa requête. Enfin, un étranger ne dispose d'aucun droit au renouvellement automatique d'un récépissé qui lui aurait été précédemment octroyé.
6. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence qui s'apprécie concrètement n'est en l'espèce pas remplie. Les conclusions tendant à ce que le préfet du Val-de-Marne lui accorde un rendez-vous afin de procéder au renouvellement du récépissé précité doivent donc être rejetées, de même que les conclusions à fin d'astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
La juge des référés,
C. ISSARD
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2416010
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