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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2416046

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2416046

samedi 28 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2416046
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun, rendue par la juge des référés, rejette la requête de Mme A B, ressortissante brésilienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le renouvellement sous astreinte de son récépissé de demande de titre de séjour. La requérante invoquait une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit au séjour, liberté d'aller et venir, droit de travailler). Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la requête a été déposée onze jours après l'expiration du récépissé, sans que des circonstances particulières ne justifient ce délai. En conséquence, la demande est rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner le fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2024, Mme C A B, représentée par Me Ozeki, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour dans le délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les moyens suivants :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de récépissé de demande de titre de séjour valide, elle ne peut justifier de la régularité de son séjour, travailler ou voyager ;

- il est porté gravement et de manière manifestement illégale atteinte à son droit d'exercer les libertés reconnues aux étrangers en situation régulière, à sa liberté d'aller et venir et à son droit de travailler.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Issard, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante brésilienne née en 1972, a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français le 15 février 2021 puis est entrée en France le 30 mai 2023 sous couvert d'un visa long séjour " visiteur " valable jusqu'au 30 mai 2024. Elle a présenté le 6 février 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour et de changement de statut par l'intermédiaire du téléservice " démarches simplifiées " qui a été clôturée le 9 février suivant. Elle a par la suite réitéré sa demande de titre le 4 avril 2024 puis le 13 avril 2024. Par une ordonnance en date du 15 octobre 2024, le juge des référés a enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 521-3. Un récépissé lui a été remis en exécution de cette ordonnance qui a expiré le 16 décembre 2024 alors qu'elle en a demandé le renouvellement trois semaines avant cette date. Par la présente requête, elle demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de ce récépissé.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.

4. Il résulte de l'instruction que le récépissé de demande de titre de séjour de

Mme A B a expiré le 16 décembre 2024 et qu'elle a saisi le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative le 27 décembre 2024, soit onze jours après cette première date. La condition d'urgence, qui s'apprécie concrètement, n'est donc, en l'espèce, pas remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er: La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

La juge des référés,

Signé : C. Issard

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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