jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET MINIER MAUGENDRE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2025, Mme B A, représentée par
Me Krzisch, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision révélée par un courrier du 25 novembre 2024 par laquelle le directeur général du groupe hospitalier universitaire d'Orsay l'a mutée d'office au stockeur ;
2°) de mettre à la charge de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris une somme de
2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- alors qu'elle bénéficie d'une RQTH, aucune visite médicale ne lui a été proposée avant son envoi au stockeur ;
- cette mutation d'office dans un bureau isolé sans mission dédiée et le traitement
humiliant dont elle fait l'objet par la hiérarchie ont eu un impact sur sa santé mentale et l'ont obligée à reprendre sa béquille ; elle prend de nouveaux médicaments ;
- elle a perdu le bénéfice de primes qu'elle percevait en qualité de gestionnaire de paies ce qui équivaut à une perte de 1700 euros par mois sur le mois de décembre 2024 par rapport au mois de décembre 2023 ;
- elle a un prêt immobilier à rembourser et trois enfants à charge ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision est signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- la procédure est irrégulière : elle n'a pas pu consulter son dossier individuel avant sa mutation d'office pris en considération de sa personne ;
- la compatibilité de ce poste avec son état de santé n'a pas été vérifiée par le médecin du travail ; l'employeur ne l'a jamais convoquée alors qu'elle bénéficie d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;
- il s'agit d'une sanction déguisée pour l'erreur d'acompte qu'elle a commise et pour laquelle elle a déjà été sanctionnée : elle travaille dans des conditions déplorables : elle est mise à l'écart de ses collègues ; les téléphones ne sont pas branchés ; les ordinateurs ne fonctionnent pas ; des déjections de souris tapissent le sol ; des dossiers papiers sont éparpillés régulièrement sur le sol et les meubles ;
- elle est sanctionnée du fait de cette erreur d'acompte mais aussi pour le soutien qu'elle a reçue de ses collègues et des syndicats.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2025, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
Sur la recevabilité :
- la requête de Mme A est irrecevable ; elle a été mutée au sein du service gestion-paie à compter du 4 novembre 2024 et est affectée depuis le 13 janvier au poste d'assistant marchés publics / rédacteur ; la mesure attaquée a été entièrement exécutée ;
- le courrier attaqué du 25 novembre 2024 ne constitue pas une décision susceptible de recours mais un courrier de renseignements ;
- il s'agit, à titre subsidiaire, d'une simple mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
Sur l'urgence :
- la requérante ne justifie pas de la condition d'urgence ; les préjudices dont elle fait état ne sont plus actuels ;
- la mission de classement et archivage es documents font partie de sa fiche de poste ; cet aménagement de missions ne nécessite pas une intervention du médecin du travail ; elle n'était pas isolée ces collègues venant au stockeur ; la prescription de béquilles date du 24 septembre 2024 avant son positionnement au stockeur, il n'y a pas de rapport entre son état de santé et ces nouvelles missions qu'elle n'a exercées au demeurant que sept jours ;
Sa rémunération est restée inchangée : elle n'a pas perdu le forfait 5HS ; la prime de service est calculée au prorata de son temps de présence pendant l'année : elle a été absente en 2024 ; elle ne produit aucun élément sur les revenus de son époux ; l'intérêt général justifie au contraire de prendre cette mesure afin qu'elle n'ait pas accès au logiciel de paie.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision n'avait pas à être motivée ;
- le dossier n'a pas à être communiqué : c'est une mesure d'ordre intérieur prise dans l'intérêt du service ;
- le médecin du travail n'avait pas à être consulté ;
- l'adjoint au directeur des ressources humaines était compétent pour signer le courrier contesté ;
- ce n'est pas une sanction déguisée : il n'y a aucune atteinte à ses droits et prérogatives.
Par un mémoire en réplique enregistré le 21 janvier 2025, Mme A persiste en tous points dans les termes de sa requête : elle ajoute que cette dernière n'est pas privée d'objet malgré sa nouvelle affectation ; l'atteinte à sa situation professionnelle, à sa santé et à sa situation financière sont avérées ; l'urgence est bien constituée ; une visite médicale avant tout changement d'affectation est nécessaire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2500227 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Guillou, premier conseiller honoraire, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 22 janvier 2025 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, M. Guillou a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Krzisch représentant Mme A qui persiste en tous points dans les termes de ses écritures ;
- les observations de Me Neveu, représentant l'Assistance publique - hôpitaux de Paris qui persiste en tous points dans les termes du mémoire en défense ;
- les explications de Mme A.
A l'issue de cette audience, le juge des référés a clos l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, aide-soignante titulaire était affectée au service carrière-paies de la direction des ressources humaines du centre hospitalier ; suite à une erreur dans la saisie d'un acompte sur salaire, elle a fait l'objet d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de quinze jours et a été affectée sur un poste de classement des dernières évaluations annuelles des agents au sein du même service : elle a été avisée selon ses écritures de ce changement de fonctions par une lettre du 25 novembre 2024. Par la présente requête Mme A sollicite du juge des référés, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la
décision () ".
Sur la recevabilité :
3. Ces dispositions ne permettent au requérant de demander la suspension d'une décision administrative qu'à la condition qu'une telle décision soit encore susceptible d'exécution. En l'espèce, il résulte des pièces du dossier que la décision attaquée prononçant son affectation au stockeur et la chargeant du classement des dernières évaluations annuelles des agents a pris effet dès le 4 novembre 2024 et a pris fin le 13 janvier 2025 date à laquelle Mme A a pris ses nouvelles fonctions sur un poste d'assistant marchés publics/rédacteur au sein de la cellule des marchés Direction des Achats, de la Logistique et de la Qualité Hôtelière de l'hôpital Bicêtre ; la décision attaquée a par conséquent été entièrement exécutée à la date de la présente ordonnance. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
5. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de Mme A dirigées contre l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante ; il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
Mme A, la somme demandée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris en application desdites dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'Assistance
publique- Hôpitaux de Paris.
Le juge des référés,
Signé : J-R GuillouLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026