mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500289 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 janvier 2025, M. A B, représenté par
Me Megherbi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d''enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous et une attestation de dépôt de demande de titre de séjour mention " salarié " dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité algérienne, il est entré en France en 2016, qu'il a travaillé à compter du 2020, qu'il est le conjoint d'une ressortissante française depuis le 21 mars 2009, qu'il a souhaité bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour par le travail, qu'il a été ainsi convoqué en préfecture du Val-de-Marne le 14 novembre 2024 pour le dépôt de son dossier et que, ce jour-là, l'agent au guichet a refusé de son dossier au motif qu'il avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 3 mai 2024.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car ce " refus de guichet " lui interdit d'effectuer un recours en excès de pouvoir et l'exposer au risque de perdre son travail, et que la décision en cause, porte une atteinte grave te manifestement illégale à son droit à aller et venir, à celui d'exercer un recours devant un juge, à son droit au travail, ainsi qu'à sa vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 M. B, ressortissant algérien né le 16 mars 1981 à Oum Drou (wilaya de Chlef), entré en France selon ses dires en 2016, indique être l'époux depuis le 20 mars 2009 d'une ressortissante française. Il a été interpellé par les services de la gendarmerie de Beaune (Côte d'or), le 2 mai 2024, et placé en garde à vue pour des faits de détention et usage de faux documents administratifs. Par un arrêté du 3 mai 2024, le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. La requête formée contre cette décision a été rejetée par un jugement du tribunal administratif de Dijon du 3 juin 2024. M. B n'a pas exécuté cet arrêté. Il a souhaité solliciter son admission exceptionnelle au séjour par le travail et a été convoqué le 14 novembre 2024 en préfecture du Val-de-Marne en vue du dépôt de son dossier. Il entendait faire valoir son emploi dans une société de travail temporaire. Toutefois, l'enregistrement de sa demande lui a été refusé au motif de l'existence de l'obligation de quitter le territoire français non exécutée. Par une requête enregistrée le
9 décembre 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val de Marne, d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () "
3 Aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : 1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ; () ".
4 En l'espèce, le requérant, qui ne pouvait ignorer qu'il avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en mai 2024 par le préfet de la Côte-d'Or, non exécutée y compris après le jugement du 3 juin 2024, ne fait valoir aucune circonstance particulière à l'appui de la condition d'urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui imposerait qu'une injonction soit prononcée dans un délai de 48 heures afin que sa demande d'admission exceptionnelle au séjour soit enregistrée, dès lors qu'il ne remplit aucune des conditions légales pour bénéficier d'une admission au séjour.
5 Par suite, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026