mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500535 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Walther, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution, d'une part, de la décision de clôture prise par le préfet du Val-de-Marne le 25 avril 2024, valant refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un ressortissant de l'Union européenne, d'autre part, de la décision implicite de rejet née, le 9 février 2024, du silence gardé par le préfet du Val-de-Marne sur sa demande de délivrance d'un tel titre ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation administrative à fin de délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un ressortissant de l'Union européenne dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer sans délai, sous la même astreinte, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Mme B, ressortissante marocaine née le 1er mai 1956, s'est vu notifier le 25 avril 2024, via le téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", la " clôture " de la demande de première délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne qu'elle avait déposée le 9 octobre 2023 au moyen du même téléservice. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision ainsi prise, en tant qu'elle vaudrait décision expresse de rejet de cette demande, ou, à défaut d'intervention d'une telle décision expresse, de la décision implicite de rejet née le 9 février 2024, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du silence gardé pendant quatre mois sur ladite demande par la préfète du Val-de-Marne.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire la mesure de suspension qu'elle sollicite, Mme B, qui ne se trouve pas, en l'espèce, dans le cas où elle pourrait bénéficier de la présomption mentionnée au point précédent, fait valoir qu'elle a tenté de déposer sa demande de titre de séjour pendant plus d'un an et trois mois avant d'introduire la présente instance, que, durant cette période, elle a multiplié les démarches amiables et contentieuses afin qu'une solution soit apportée à sa situation et que le délai durant lequel elle demeure dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour est anormalement long, alors qu'elle a le droit de séjourner sur le territoire français en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne. Elle ajoute que, faute de pouvoir déposer une nouvelle demande de titre de séjour, elle s'expose au risque de faire l'objet à tout moment d'une mesure d'éloignement et qu'elle se trouve, en outre, placée durablement dans une situation de grande précarité. Les circonstances ainsi invoquées ne sont toutefois pas suffisantes, alors que l'intéressée a, quoi qu'il en soit, pu déposer une demande de titre de séjour le 9 octobre 2023, que sa requête tend précisément, ainsi qu'il a été dit au point 2, à la suspension de l'exécution d'une décision, expresse ou implicite, de rejet de cette demande et qu'elle ne donne enfin aucune précision quant à l'incidence concrète de cette décision sur sa situation actuelle, pour permettre de regarder comme remplie, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative/du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Melun, le 29 janvier 2025.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026