mercredi 22 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500741 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Loncle, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. A, ressortissant malien né le 19 mars 1990, a déposé, le 30 avril 2024, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", une demande en vue d'obtenir, selon ses déclarations, soit la première délivrance d'une carte de résident, soit le renouvellement du titre de séjour dont il était alors titulaire en qualité de père d'enfants français mineurs résidant en France, à savoir une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " et valable du 3 août 2022 au 2 août 2024. L'instruction de cette demande s'étant poursuivie au-delà de la date de validité de son dernier titre de séjour, l'autorité administrative a par la suite mis à sa disposition le 22 août 2024, via le même téléservice, une attestation de prolongation de cette instruction qui lui a permis de justifier de la régularité de son séjour et d'exercer une activité professionnelle jusqu'au 21 novembre 2024. Sa requête doit être regardée comme tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de renouveler ce document provisoire ou de lui en délivrer un au titre de la nouvelle demande de titre de séjour qu'il a déposée le 12 octobre 2024 au moyen du téléservice mentionné ci-dessus.
3. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande []. / Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre. ".
4. Il résulte de ces dispositions, combinées avec celles des articles L. 411-1, R. 431-2 et R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que, lorsqu'elle est saisie d'une demande de première délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour figurant sur la liste des titres de séjour devant être sollicités au moyen du téléservice ANEF par un étranger séjournant déjà en France et disposant d'un des documents de séjour mentionnés aux 2° à 8° de l'article L. 411-1, documents dont font notamment partie la carte de séjour temporaire, la carte de séjour pluriannuelle et la carte de résident, l'autorité administrative n'est tenue de délivrer l'attestation de prolongation d'instruction prévue au deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1 ou de renouveler ce document provisoire qu'à la double condition que la demande en cause soit complète et ait été déposée entre le cent-vingtième et le soixantième jours ayant précédé l'expiration du dernier document de séjour détenu par l'intéressé et qu'aussi longtemps qu'il n'a pas été statué, expressément ou implicitement sur ladite demande.
5. Il résulte également des dispositions citées au point 3 que l'autorité administrative n'est tenue de délivrer l'attestation prévue au dernier alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que lorsqu'elle a pris une décision favorable sur une demande de titre de séjour.
6. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26. ".
7. Il résulte de ces dispositions que le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme d'un délai normalement fixé à quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il n'en va autrement que lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.
8. Enfin, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents. " Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ", cet arrêté dressant une liste de pièces pour chaque catégorie de titre de séjour.
9. Pour l'application des règles rappelées ci-dessus aux points 4 et 7, un dossier de demande de titre de séjour doit être regardé comme effectivement incomplet en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
10. En l'espèce, d'une part, si l'administration a réclamé à M. A le 8 octobre 2024 de fournir, pour l'un de ses trois enfants français mineurs, une copie intégrale d'acte de naissance datant de moins de six mois, et ce, au motif que celle versée au dossier par l'intéressé datait du 15 juin 2022, il ne résulte pas de l'instruction que la demande de titre de séjour du 30 avril 2024 mentionnée au point 2 aurait pour autant été incomplète. En application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant quatre mois sur cette demande par la préfète du Val-de-Marne a donc fait naître une décision implicite de rejet de cette demande le 30 août 2024. Il s'ensuit, eu égard à ce qui a été dit au point 4, que, depuis cette date, l'autorité administrative n'a plus l'obligation de délivrer au requérant une attestation de prolongation de l'instruction de ladite demande.
11. D'autre part, la demande de titre de séjour du 12 octobre 2024 mentionnée au point 2 n'a pas été déposée entre le cent-vingtième et le soixantième jour ayant précédé l'expiration du dernier titre de séjour de M. A mais après l'expiration de ce titre de séjour. Il s'ensuit, eu égard à ce qui a été dit au point 4, que l'autorité administrative n'est pas tenue de délivrer au requérant une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande.
12. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet du Val-de-Marne aurait pris une décision favorable sur l'une ou l'autre des deux demandes de titre de séjour mentionnées au point 2.
13. Dans ces conditions, il apparaît manifeste que M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-de-Marne aurait porté une atteinte à la fois grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en s'abstenant, après l'expiration de l'attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 21 novembre 2024 mentionnée au point 2, soit de renouveler cette attestation ou de lui en délivrer une au titre de sa demande de titre de séjour du 12 octobre 2024, soit de le munir de l'attestation prévue au dernier alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
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Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
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