mercredi 22 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500788 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2025, M. B A, représenté par la SELARL Phusis Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre de séjour d'une durée de dix ans qu'il a sollicité ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. A, ressortissant tunisien né le 21 juillet 1993 et entré en France le 8 décembre 2022 sous couvert d'un visa de long séjour qui lui conférait les droits attachés à une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " du 1er décembre 2022 au 30 novembre 2023, a déposé une demande de renouvellement de ce document de séjour le 14 septembre 2023 au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ". Il a par la suite été mis en possession le 19 août 2024, via le même téléservice, d'une " attestation de décision favorable " indiquant qu'une décision favorable avait été prise le même jour sur cette demande et qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 19 juillet 2024 au 18 juillet 2025 lui serait délivrée une fois qu'elle aurait été fabriquée. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision dont l'existence serait révélée par cette attestation et par laquelle la préfète du Val-de-Marne aurait tacitement refusé à la même date de lui délivrer, en sa qualité de conjoint d'une Française, le titre de séjour d'une durée de dix ans prévu au 1 de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé par une lettre datée du 13 septembre 2024 et reçue le 18 septembre suivant à la préfecture.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A, qui, eu à l'égard à l'objet de cette décision, ne se trouve en l'espèce dans le cas où il pourrait bénéficier de la présomption mentionnée au point précédent, présomption dont il ne se prévaut d'ailleurs pas, fait valoir qu'exerçant actuellement une activité salariée dont les contraintes affectent gravement son moral, ladite décision compromet non seulement son projet de création d'entreprise, dès lors que, faute de détenir un titre de séjour d'une durée de dix ans, aucune des nombreuses banques qu'il a sollicitées n'a accepté de lui accorder un prêt pour financer ce projet, mais aussi sa santé mentale, dès lors qu'il se trouve dans un état dépressif. Il ajoute que la demande de renouvellement de titre de séjour qu'il devra déposer en mai 2025 ne sera traitée que plusieurs mois plus tard et qu'il sera ainsi placé dans une situation d'incertitude et de précarité prolongée. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, le requérant est titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " qui l'autorise à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle jusqu'au 18 juillet 2025, soit pendant encore près de six mois. L'intéressé, qui occupe actuellement un emploi de conducteur de tourisme sous contrat de travail à durée indéterminée à temps complet depuis le 1er mai 2023, n'apporte par ailleurs aucun élément à l'appui de ses allégations relatives à ses vaines recherches d'un financement bancaire d'un projet de création d'entreprise et à la dégradation de son état de santé. Par suite, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l'état de l'instruction.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026