vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2501072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 12ème chambre, éloignement |
| Avocat requérant | CABINET LARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2025, M. C B D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 janvier 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Il soutient que le dépôt de sa demande d'asile quatre-vingt-dix jours après son entrée en France repose sur un motif légitime tiré de circonstances particulières en raison de son " coming out " et du rejet de sa famille, qui a décidé de " lui couper tout soutien aussi bien émotionnel que financier ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025,
l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonneau-Mathelot, magistrate désignée ;
- les observations de Me Lara, avocat commis d'office, représentant
M. B D, assisté de M. A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient que l'intéressé est étudiant depuis l'année universitaire 2023/2024 ; qu'il a, au mois de décembre 2024, fait son " coming out " auprès de ses parents, qui résident en Iran ; que ce dévoilement a été mal pris et qu'il fait l'objet de menaces de la part de sa famille ; dans les circonstances actuelles, il est inenvisageable qu'il puisse revenir en Iran ; dès qu'il a dévoilé son orientation sexuelle à ses parents et au vu des menaces proférées à son encontre, il a déposé une demande d'asile ; nonobstant son caractère tardif, elle repose sur un motif légitime ; il est très actif au sein de l'association Shams France, qui vient au aide aux personnes en raison de leur orientation sexuelle ;
- et les observations de M. B D, qui indique être actif au sein de l'association Shams depuis trois mois environ et que sa famille lui a coupé toute aide.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée dans les conditions prévues par l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à 14 h 32.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant iranien, né en 2002 à Téhéran (Iran), a, par une demande enregistrée au guichet unique le 17 janvier 2025, sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Par une décision du 17 janvier 2025, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Créteil lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil (CMA) au motif qu'il avait sollicité l'asile, sans motif légitime, plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée en France. Par la présente requête, M. B D doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-15 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () ; / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants :/ () ; / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de
quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ". Les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile. Dans le cas où elle envisage de refuser les conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité compétente de l'OFII d'apprécier la situation particulière du demandeur au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il devait déférer pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B D, entré en France le
25 janvier 2023, n'a présenté sa demande d'asile que le 17 janvier 2025, soit plus de
quatre-vingt-dix jours après son entrée sur le territoire français. Pour justifier de la tardivité de sa demande d'asile, l'intéressé, qui indique être étudiant en droit, se prévaut de circonstances personnelles particulières et de sa vulnérabilité actuelle compte tenu de la rupture complète des liens avec ses parents et de leur rejet après leur avoir révélé son homosexualité et soutient, à ce titre, ne plus bénéficier du soutien émotionnel et financier de ses parents depuis ses révélations. Toutefois, M. B D n'apporte, à l'appui de ses allégations, aucun élément de nature à démontrer son état de vulnérabilité, l'intéressé ayant notamment indiqué au cours de l'entretien de vulnérabilité dont il a fait l'objet le 17 janvier 2025 être locataire d'un appartement au Kremlin Bicêtre financé par sa mère, ni une dégradation de sa situation financière depuis l'annonce de son orientation sexuelle à ses parents ni qu'il se serait vu opposer l'accès au marché du travail. A cet égard, l'attestation du président de l'association Shams-France, qu'il produit, au demeurant non datée et peu circonstanciée, n'est pas susceptible de venir à l'appui de l'argumentation de
M. B D. Dans ces conditions, M. B D n'établit pas l'existence d'un motif légitime au sens des dispositions précitées de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant obstacle à ce que l'OFII lui oppose la tardiveté du dépôt de sa demande d'asile. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation de la vulnérabilité de M. B D que le directeur territorial de l'OFII de Créteil lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B D et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.
La magistrate désignée par la présidente du tribunal,
Signé : S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
Signé : N. RIELLANT
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026