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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501090

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501090

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501090
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. A, ressortissant égyptien, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction pour sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a constaté que l'absence de réponse de l'administration dans un délai de quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet de sa demande, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la mesure sollicitée a été jugée dépourvue d'utilité et de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite. La requête a donc été rejetée, le requérant étant invité à contester la légalité de la décision implicite par un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2025, M. C A, représenté par Me Nessah, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il y a urgence dès lors qu'il disposait d'un titre de séjour ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il ne peut justifier de son droit au séjour et se trouve dans l'impossibilité de travailler, son contrat de travail à durée déterminée n'ayant pu être renouvelé du fait de la situation ;

- aucune contestation sérieuse ne peut être opposée à sa demande.

La présidente du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant égyptien né le 7 juin 1992, arrivé en France, selon ses déclarations, le 2 août 2019 en qualité de conjoint de français, s'est vu délivrer un visa puis des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de conjoint de français, dont le dernier était valable du 3 juin 2022 au 2 juin 2024 a entrepris des démarches le

21 mars 2024 en vue de renouveler son titre de séjour. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a effectivement pu déposer, le 21 mars 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour et que l'administration lui a délivré une attestation de dépôt le même jour. Alors même que l'administration, qui lui a indiqué que sa demande était toujours en cours d'instruction, lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable du 20 septembre 2024 au 19 décembre 2024, l'absence de réponse de l'administration sur sa demande ne peut que révéler l'existence, à la date du 21 juillet 2024, d'une décision implicite de rejet opposée par le préfet du Val-de-Marne à la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par le requérant.

5. Si M. A justifie avoir déposé une nouvelle demande de renouvellement de titre le 14 octobre 2024, ainsi que cela ressort de l'attestation de dépôt qui lui a été délivrée le même jour, il ne sollicite auprès du juge des référés que la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa précédente demande, arrivant à expiration le 19 décembre 2024. Or eu égard à l'intervention de la décision implicite de rejet précitée, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé pouvant, s'il s'y croit fondé, contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Fait à Melun, le 5 février 2025.

Le juge des référés

Signé : O. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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