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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501223

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501223

lundi 10 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501223
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant gabonais, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande de titre de séjour "vie privée et familiale". Le juge constate que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 23 novembre 2024, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la demande de M. A, qui tend à obtenir une décision déjà intervenue, est dépourvue d'utilité et ferait obstacle à l'exécution de cette décision administrative. Le tribunal invite l'intéressé à contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir, éventuellement assorti d'un référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande dans un délai raisonnable.

Il soutient que, de nationalité gabonaise, il a déposé le 22 juillet 2024 en préfecture du Val-de-Marne une demande de changement de statut en vue de se voir délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de sa relation avec une ressortissante française, et qu'il n'a eu aucune réponse, et que cette situation porte atteinte à sa vie privée et familiale protégée par l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à son intégration professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant gabonais né le 10 mars 1993 à Libreville, entré en France selon ses dires le 12 octobre 2013, titulaire en dernier lieu d'une autorisation provisoire de séjour portant la mention " Etudiant en recherche d'emploi " valable jusqu'au 12 février 2023, a déposé le 11 août 2023 en préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de solliciter un titre de séjour " vie privée et familiale ". Il entendait faire valoir sa relation avec une ressortissante française avec qui il a conclu un pacte civil de solidarité le 15 juin 2023. Il a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 16 septembre 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, laquelle a été clôturée. Après de nombreuses relances du service, il a été admis, le 22 juillet 2024, à déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour et n'a eu aucune réponse. Par une requête présentée le 25 janvier 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande dans un délai raisonnable.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :

" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. () ".

5. En l'espèce, le défaut de réponse du préfet du Val-de-Marne dans le délai de

quatre mois après le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée le

22 juillet 2024, et en l'absence de toute demande de pièces complémentaires susceptibles de prolonger le délai d'instruction, a fait naître, à la date du 23 novembre 2024, une décision implicite de rejet opposée à la demande présentée par M. A.

6. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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