mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2501236 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2025, Mme B A, représentée par
Me Kessentini, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte, de suspendre la décision d'obligation de quitter le territoire français arrêtée à son encontre, ainsi que la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte, l'octroi d'un titre de séjour provisoire dans l'attente d'un réexamen complet de sa situation personnelle et administrative ;
3°) de mette à la charge de l'Etat la préfecture du Val-de-Marne de lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité tunisienne, elle est entrée en France à la suite de son mariage avec un ressortissant français, et a obtenu un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", qu'elle a quitté le domicile conjugale le 1er septembre 2022, qu'à l'expiration de son titre de séjour, elle a sollicité un changement de statut vers celui de salarié le 12 septembre 2023, et que par une décision du 4 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande, et qu'elle a contesté la légalité de cet arrêté par une requête enregistrée le 23 avril 2024.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle risque de perdre son travail et que la décision en cause la prive de ses droits au travail, à la liberté d'aller et de venir, et au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa liberté personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Par une décision du 4 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) a rejeté la demande d'admission au séjour présentée par Mme A, ressortissante tunisienne née le 31 mai 1991 à Tunis. Par une requête enregistrée le
28 janvier 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de
Nogent-sur-Marne) de suspendre l'exécution de cette décision.
2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
4 Il ressort des pièces du dossier que Mme A a fait l'objet, le 4 mars 2024, soit il y a près de onze mois, d'une décision portant refus de séjour, prononcée par la préfète du
Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne).
5 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de
Mme A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026