lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2501237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL NEGREVERGNE-FONTAINE-DESENLIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2025 M. B A, représenté par
Me Desenlis, demande au tribunal :
1°) de suspendre, en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision du 20 janvier 2025, rejetant sa demande de contrat de jeune majeur ;
2°) d'enjoindre au département de Seine-et-Marne d'assurer son hébergement dans une structure adaptée à sa situation et de le prendre en charge, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au département de Seine-et-Marne d'assurer sa prise en charge éducative afin qu'il puisse accéder à un emploi ou à une formation, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au département de Seine-et-Marne, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative de réexaminer son dossier dans un délai de quinze jours ;
5°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il se retrouve sans ressource et sans hébergement et en situation irrégulière sur le territoire français, depuis le 31 janvier 2025 ;
- cette situation résultant d'une carence caractérisée, porte atteinte à ses droits et a des conséquences graves à son égard.
Sur les moyens propres à créer un doute sérieux :
- le refus est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le droit à l'hébergement d'urgence, le droit à l'éducation et à la protection de la santé, prévus notamment par les articles L. 221-1 et L. 221-5 du code de l'action sociale et des familles et par l'article 16 de la loi du 14 mars 2016, ainsi que les principes d'égalité et de non-discrimination.
Le département de Seine-et-Marne, auquel la requête a été communiquée, n'a pas défendu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Dewailly, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui s'est tenue le 17 février 2025 à 14 heures.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Dewailly, président rapporteur.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
L'audience et l'instruction ont été closes à l'issue de l'audience à 14 heures 15.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 31 janvier 2007 en Côte d'Ivoire est entré en France alors qu'il était mineur et a été pris en charge, à compter du 3 novembre 2022, par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de Seine-et-Marne. Il a sollicité, avant sa majorité, le renouvellement de son contrat jeune majeur, qui lui a été refusé par une décision du département de
Seine-et-Marne du 20 janvier 2025.
2. Les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative dont les requérants demandent l'application précisent les conditions de la suspension d'une décision : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-1 du même code précise : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 de ce code dispose aussi que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article et à l'exclusion de ceux faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.. () Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés au 5° et à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée. ".
5. Aux termes par ailleurs de l'article R. 222-6 du même code : " Le président du conseil départemental complète si nécessaire, pour les personnes mentionnées au 5° de l'article L. 222-5 ayant été accueillies au titre des 1°, 2° ou 3° du même article, le projet d'accès à l'autonomie formalisé lors de l'entretien pour l'autonomie mentionné à l'article L. 222-5-1, afin de couvrir les besoins suivants : / 1° L'accès à des ressources financières nécessaires à un accompagnement vers l'autonomie ; / 2° L'accès à un logement ou un hébergement ; / 3° L'accès à un emploi, une formation ou un dispositif d'insertion professionnelle ; / 4° L'accès aux soins ; / 5° L'accès à un accompagnement dans les démarches administratives ; / 6° Un accompagnement socio-éducatif visant à consolider et à favoriser le développement physique, psychique, affectif, culturel et social ".
6. Il résulte, d'une part, des dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficie d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, si le requérant ne conteste pas avoir montré une grande passivité pour fournir les documents sollicités depuis le
20 décembre 2024 afin de régulariser sa situation et que cette carence a empêché que sa demande d'admission au séjour soit déposée auprès des services de la préfecture de Seine-et-Marne, elle ne pouvait motiver la décision du département. A cet égard, le président du département est tenu de proposer cet accompagnement à un mineur accueilli, sauf à ce qu'il lui soit possible de démontrer, après un examen personnalisé et approfondi de sa situation, qu'il n'en aurait pas besoin, en particulier parce qu'il disposerait d'un hébergement par ailleurs et d'une situation administrative lui permettant en particulier de trouver un emploi. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. A, même doté d'une épargne de 3 723 euros comme le précise le département dans sa lettre du 20 janvier 2025, puisse être hébergé, ou trouver rapidement un emploi afin de subvenir à ses besoins, avec le titre professionnel d'agent de restauration obtenu le 10 décembre 2024.
7. Dans ces circonstances, malgré les carences et la passivité de M. A, d'une part, eu égard aux besoins de ce dernier et aux conséquences de la fin de son accompagnement par l'aide sociale à l'enfance sur sa situation personnelle, la condition d'urgence doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme remplie. D'autre part, dans la mesure où l'intéressé est dépourvu de tout soutien familial en France susceptible de lui venir en aide, et est privé de tout hébergement depuis le 31 décembre 2025, le département de Seine-et-Marne doit être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en prononçant la fin de sa prise en charge à sa majorité, sans dispositif de transition adapté vers une solution de logement.
8. Compte-tenu de ce qui précède, il y a lieu d'enjoindre au département de
Seine-et-Marne, dans un délai de deux jours à compter de la notification de la présente ordonnance, de proposer à M. A un " contrat jeune majeur " valable depuis la date de sa majorité, adapté à ses besoins en matière d'hébergement, dans l'attente notamment qu'il obtienne un logement par le Service intégré d'accueil et d'orientation ou en foyer de jeune travailleur, et qu'il puisse accomplir des démarches actives d'emploi ou poursuivre une formation. Il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte à ce stade.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Desenlis, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au président du département de Seine-et-Marne de proposer à
M. A, dans un délai de deux jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un " contrat jeune majeur ", adapté à ses besoins en matière d'hébergement, en particulier pour lui permettre de poursuivre une formation ou d'entamer une recherche active d'emploi, dans l'attente de l'obtention d'un logement par le Service intégré d'accueil et d'orientation ou en foyer de jeune travailleur.
Article 2 : Le département de Seine-et-Marne versera une somme de 1 500 euros à Me Desenlis, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Desenlis et au président du département de Seine-et-Marne.
Fait à Melun le 17 février 2025.
Le juge des référés,
Signé : S. DewaillyLa greffière,
Signé : O. Dusautois
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026