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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501288

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501288

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501288
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a été saisi par M. B, ressortissant arménien, qui demandait la délivrance provisoire d'un titre de séjour "vie privée et familiale" ou le réexamen de sa demande, en raison de l'absence de renouvellement de son récépissé. Le tribunal a constaté que le préfet du Val-de-Marne avait convoqué l'intéressé le 13 février 2025 pour la délivrance d'un document provisoire de séjour, ce qui rendait sans objet la requête. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et a rejeté les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, complétée le 31 janvier 2025,

M. A B, représentée par Me Kabamba, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer, provisoirement, à titre principal, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de 5 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail, sans délai et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité arménienne, il est entré en France en février 2008, qu'il est le père d'un enfant de nationalité française, dont il a la garde, qu'il a demandé le nouvellement de son titre de séjour le 21 juillet 2023 et a eu des difficultés pour avoir des récépissés de demande de titre de séjour, qu'il a contesté la décision implicite de rejet qui a été opposée à sa demande par la préfète du Val-de-Marne et a eu un récépissé qui est arrivé à échéance le 20 janvier 2025, qui n'a pas été renouvelé.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il est placé en situation irrégulière et que la décision contestée porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à aller et de venir, au travail et à mener une vie privée et familiale normale.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2025, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le

13 février 2025 pour la délivrance d'un document provisoire de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 3 février 2025, tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Kabamba, représentant M. B, présent, qui indique que son fils vit à son domicile, qu'il sollicite la délivrance d'une carte de séjour à titre provisoire et qui indique que la procédure judiciaire dont il a fait l'objet n'a pas encore été audiencée ;

- et les observations de Me Kao, représentant le préfet du Val-de-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant arménien né le 21 juillet 1986 à Erevan, indique être entré en France pour la première fois le 17 février 2008 pour y déposer une demande d'asile. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 août 2008, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 mai 2009, une demande de réexamen étant également rejetée par une ordonnance du 10 mai 2010 de la même Cour. Par un arrêté du 23 juin 2010, le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. La légalité de ces décisions a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Montpellier en date du 10 novembre 2010, devenu définitif.

M. B a alors déposé le 10 mai 2012 une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par un arrêté du 6 septembre 2012, le préfet de l'Hérault a une nouvelle fois refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de l'Arménie. Le recours formé contre cette décision a été rejeté en dernier lieu par un arrêt du 22 janvier 2015 de la cour administrative d'appel de Marseille. Le 29 novembre 2014, il a épousé à Paris (75017) une compatriote, Mme C. M. B a par ailleurs un autre enfant né le 26 avril 2009 à Montpellier (Hérault) de sa liaison avec une ressortissante française, Mme D. Cette situation lui a permis de bénéficier, à compter du 28 mai 2015, d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, titre qui a été renouvelé jusqu'au

13 février 2021. Lors du renouvellement de son titre de séjour, la préfète du Val-de-Marne a relevé que l'intéressé avait fait l'objet, en 2010, d'une condamnation à trois mois de prison pour vol en récidive, en 2012 à une autre condamnation à six mois de prison avec sursis pour violence aggravée et en septembre 2019 à une troisième condamnation à quatre mois d'emprisonnement pour des faits d'escroquerie, que le fils de l'intéressé ne vivait pas avec lui, malgré une décision du juge aux affaires familiales en ce sens et que lui-même ne vivait pas avec son épouse. Par une décision du

28 mai 2021, notifiée le 3 juin, le renouvellement de son titre de séjour lui a donc été refusé. Le recours formé le 24 septembre 2021 par M. B contre cette décision a été rejeté pour tardiveté par un jugement du présent tribunal du 18 janvier 2022, devenu définitif. Le 4 août 2021,

M. B a été placé sous contrôle judiciaire avec notamment interdiction de se rendre au domicile de son épouse et de rentrer en contact avec elle, ainsi que de sortir du territoire métropolitain. Il a néanmoins demandé le renouvellement de son titre de séjour le 23 juin 2022 et a obtenu un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne le 21 juillet 2023, date à laquelle un récépissé de demande de titre de séjour lui a été délivré, valable trois mois. Ce récépissé n'a jamais été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Il a donc estimé s'être vu opposer une décision implicite de rejet dont il a demandé l'annulation par une requête enregistrée le 7 octobre 2024. Il en a également sollicité la suspension de l'exécution par une requête du même jour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. B le 21 octobre 2024 et lui a délivré un nouveau récépissé, valable jusqu'au 20 janvier 2025, qui n'a, à son tour, pas été renouvelé. Par une nouvelle requête, enregistrée le 29 janvier 2025, il sollicite du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, notamment de lui renouveler son récépissé. Postérieurement à sa requête, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. B pour le 13 février 2025 " pour la délivrance d'un document provisoire de séjour ".

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. B pour le 13 février 2025 à 11 heures " pour la délivrance d'un document provisoire de séjour ". Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés, en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, ne peut statuer que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire " il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AymardLa greffière,

Signé : S Aubret

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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