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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501510

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501510

lundi 3 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501510
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun, rendue par le juge des référés, concerne la demande de Madame B A, ressortissante sénégalaise, qui sollicite, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge rejette la requête en estimant que la condition d'urgence n'est pas établie, la requérante ne justifiant pas d'une situation particulière nécessitant une intervention rapide du juge, et que la mesure demandée n'est pas utile dès lors qu'elle ne démontre pas avoir accompli les démarches préalables nécessaires via le site internet de la préfecture. La solution retenue est le rejet de la requête, sans admettre la requérante à l'aide juridictionnelle provisoire, en application des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 février 2025, Madame B A, représentée par Me Soh Mouafo, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) de lui fixer une date de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 76161 du code de justice administrative à verser à son conseil, contre renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou à elle-même en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que, de nationalité sénégalaise, elle est entrée en France avec un visa d'étudiant en octobre 2018, qu'elle a suivi des études et a travaillé à compter de 2021, qu'elle a tenté d'obtenir un rendez-vous en sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) aux fins de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour à compter du 23 septembre 2023 et qu'elle n'a eu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue depuis plus d'un an en situation irrégulière et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame B A, ressortissante sénégalaise née le 12 janvier 1992 à Mbacké (Région du Diourbel), entrée en France le 6 octobre 2018 munie d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar, Elle a suivi des études à l'Ecole supérieure de gestion et ressources humaines de Paris (75011) jusqu'en juin 2020. A compter de septembre 2021, elle a travaillé comme hôtesse d'accueil auprès de la société " Meleana " de Cergy (Val-d'Oise), puis, à compter de février 2023, comme employée par la société " Welcome Gordon Services " de Herblay-sur-Seine (Val d'Oise), jusqu'au 31 août 2024. Le 2 septembre 2023, elle a fait parvenir par son conseil une demande de rendez-vous en sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) et n'a reçu aucune réponse, malgré de très nombreuses relances du service. Par une requête enregistrée le 3 février 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) de lui délivrer une date de rendez-vous afin que sa demande de titre de séjour puisse être instruite.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

5. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous.

6. En l'espèce, Madame A ne peut se prévaloir d'aucune circonstance particulière propre à rendre nécessaire l'obtention en urgence d'un rendez-vous en préfecture pour y effectuer le dépôt de sa demande de titre de séjour, dès lors qu'elle n'établit pas avoir bénéficié d'un titre de séjour depuis la fin de la validité de son visa de long séjour, le 6 octobre 2019, qu'elle est célibataire et sans enfants sur le territoire, qu'elle indique travailler sans disposer d'une autorisation de travail, et qu'elle a attendu plus de cinq ans, selon ses dires, pour demander la régularisation de sa situation administrative.

7. Dans ces conditions, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Madame A n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Madame A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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