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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501594

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501594

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501594
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B, ressortissant algérien, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un nouveau rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge estime que le requérant ne justifie pas d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans un délai de quarante-huit heures. En conséquence, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 n'étant pas remplie, la requête est rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 février 2025, M. A B, représenté par Me Chelbi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui communiquer une nouvelle date de rendez-vous à la préfecture pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. B, qui, de nationalité algérienne, a été convoqué, par courriel du 10 juillet 2024, à un rendez-vous à la préfecture du Val-de-Marne fixé le 4 février 2025 à 9h30 en vue de déposer une demande de titre de séjour, déclare qu'il s'est présenté à ce rendez-vous avec son avocate et qu'après plus de trois heures d'attente, un agent du guichet de la préfecture auquel il demandait des explications a refusé de prendre son dossier ou de le reconvoquer, au motif qu'il n'aurait pas répondu à l'appel réitéré de son nom dans la matinée. Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui communiquer une nouvelle date de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour.

3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est notamment subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures ou, à tout le moins, à très bref délai.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire la mesure d'injonction qu'il sollicite, M. B fait valoir que le refus de prendre son dossier, sans motif valable, lors du rendez-vous à la préfecture du 4 février 2025 mentionné au point 2, alors que ce rendez-vous avait été fixé de longue date et qu'il s'y est présenté à l'heure prévue, constitue une violation manifeste de l'obligation de diligence de l'administration. Il fait également valoir qu'il est urgent qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour dans les plus brefs délais comme il aurait normalement dû le faire le 4 février 2025. Il ajoute que, compte tenu des délais d'attente extrêmement longs pour être convoqué à la préfecture, à savoir plus d'un an dans son cas, il lui est désormais impossible d'obtenir un nouveau rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable. Le requérant ne fait toutefois ainsi état d'aucune circonstance de nature à permettre de regarder comme remplie, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence particulière posée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 6 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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