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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501797

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501797

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501797
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante cambodgienne, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident l'autorisant à travailler. Le juge a considéré que la demande était manifestement dépourvue d'utilité, car, pour une demande déposée via le téléservice ANEF, le seul document provisoire pouvant être délivré est l'attestation de prolongation d'instruction prévue à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non le récépissé mentionné à l'article R. 431-12 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 février 2025, Mme B A, représentée par Me Kissangoula, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui, de nationalité cambodgienne, était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de résident valable du 31 décembre 2014 au 30 décembre 2024, a déposé une demande de renouvellement de cette carte le 16 décembre 2024 au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ". Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de cette demande l'autorisant à exercer une activité professionnelle.

3. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont insérées depuis le 1er mai 2021 dans une sous-section 1 de ce code intitulée " Documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée sans recours au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 " : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise []. " Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code, dont les dispositions sont quant à elles insérées dans une sous-section 2 intitulée " Documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 " : " Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. "

4. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une demande de titre de séjour est présentée au moyen du téléservice ANEF, le seul document provisoire que l'autorité administrative peut être tenue de délivrer à un étranger pour lui permettre de justifier de la régularité de son séjour, ainsi que, dans certains cas, d'exercer une activité professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué, expressément ou implicitement, sur cette demande, est l'attestation de prolongation d'instruction mentionnée à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'exclusion du récépissé de demande de titre de séjour mentionné à l'article R. 431-12 du même code.

5. Ainsi qu'il a été dit au point 2, Mme A a déposé une demande de renouvellement de son dernier titre de séjour le 16 décembre 2024 au moyen du téléservice ANEF. Il apparaît dès lors manifeste que la mesure d'injonction dont elle sollicite la prescription dans la présente instance est dépourvue d'utilité.

6. En outre, à supposer que la requérante ait en réalité entendu demander au juge des référés d'enjoindre à l'autorité administrative de la munir du seul document provisoire susceptible de lui être délivré, à savoir, eu égard à ce qui a été dit au point 4, l'attestation de prolongation d'instruction mentionnée à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle se borne, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à prononcer une telle injonction, à faire valoir que, faute de pouvoir obtenir un rendez-vous à la préfecture en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de la remise d'un récépissé de cette demande, elle se trouve maintenue dans une situation d'extrême vulnérabilité qui l'empêche d'exercer une activité professionnelle ainsi que de mener une vie familiale normale et décente alors qu'elle remplit les conditions de renouvellement de sa carte de résident en raison de ses liens anciens, profonds et continus avec la France. Or, d'une part, ainsi qu'il a été au point 2, l'intéressée a déjà déposé une demande de renouvellement de sa carte de résident le 16 décembre 2024, et ce, au moyen du téléservice ANEF donc sans avoir besoin de se présenter personnellement à la préfecture ou à la sous-préfecture. D'autre, bien qu'ayant expiré, son ancienne carte de résident lui permet actuellement, en vertu des dispositions de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de justifier de la régularité de son séjour et de conserver l'intégralité de ses droits sociaux ainsi que son droit d'exercer une activité professionnelle jusqu'au 30 mars 2025. Par suite, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l'état de l'instruction.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 11 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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