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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501985

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501985

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501985
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, en raison de l'atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales. Le juge estime que l'urgence n'est pas caractérisée, faute pour le requérant de démontrer des circonstances impérieuses justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures, notamment au regard de la fin prochaine de son contrat d'apprentissage. La solution retenue est le rejet de la requête pour défaut d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2025, M. B A, représenté par Me Koszczanski, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa demande et de lui transmettre une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler, dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délivrance d'une attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour le maintient dans une situation précaire, alors que la demande de titre qu'il a présentée le 29 décembre 2023 est fondée sur les dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'absence de tout document attestant de la régularité de son séjour a eu pour conséquence d'obliger son employeur à se séparer de lui, après un contrôle sur son lieu de travail ;

- ce même employeur est disposé à la reprendre, à condition que sa situation administrative soit régularisée ;

- le préfet ne s'est pas conformé à l'ordonnance par laquelle ce tribunal lui a enjoint de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;

- une telle situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit de mener une vie privée et familiale normale, alors qu'il vit avec sa sœur et sa mère en cours de régularisation, et qu'il a demandé un titre de séjour dont la délivrance est de plein droit.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

4. M. A, ressortissant sri-lankais né le 3 avril 2005 à Puthukudiyiruppu

(Sri-Lanka), entré en France le 17 mars 2017, a présenté le 29 décembre 2023 une demande de délivrance d'un titre de séjour et a été mis en possession d'une simple attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par une ordonnance n° 2412851 du

18 novembre 2024, le juge des référés de ce tribunal a suspendu la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté cette demande et a enjoint, d'une part au réexamen de cette demande dans le délai d'un mois à compter de sa notification, et d'autre part à la délivrance d'un récépissé dans le délai de cinq jours à compter de cette même notification.

M. A demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler.

5. Toutefois, si M. A produit une lettre de la société Royal Chili Restaurant, auprès de laquelle il effectuait une formation en alternance depuis le 1er février 2024, selon laquelle l'arrêt temporaire de son contrat d'apprentissage pourrait donner lieu à une reprise avec la régularisation de sa situation administrative, la requête n'apporte aucune précision sur les circonstances d'un tel retour en alternance, alors qu'il résulte de l'instruction que ce contrat devait prendre fin le 1er février 2025. Dès lors, de telles circonstances ne sauraient caractériser une situation d'urgence extrême impliquant, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai contraint de quarante-huit heures. Il appartient à M. A, s'il s'y croit fondé, de présenter une requête fondée sur les dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative afin d'obtenir la mise en œuvre effective de l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2412851 du 18 novembre 2024.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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