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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502516

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502516

mercredi 26 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502516
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet du Val-de-Marne concernant la demande de titre de séjour de M. A. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car le requérant n'apporte pas de justifications suffisantes démontrant un préjudice grave et immédiat lié à l'absence de réponse depuis juin 2023. La requête est donc rejetée sans examen des moyens soulevés, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 février 2025, M. B A, représentée par Me Richard, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a implicitement rejeté, le 21 juin 2023, sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard et, dans l'attente d'une décision explicite sur son droit au séjour, de le mettre en possession d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de

huit jours, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie : il réside en France depuis près de dix années ; il a effectué vainement des démarches en vue d'obtenir la nationalité française ; il a sollicité un rendez-vous au mois de

juin 2022 afin de déposer son dossier d'admission au séjour à raison des liens privés et familiaux qu'il a en France ; un rendez-vous lui a été fixé le 20 février 2023 ; depuis cette date, il attend d'être fixé sur son droit au séjour sans que l'administration ne lui apporte de réponse et ne lui ait demandé de compléter sa demande ; l'irrégularité de son séjour préjudicie gravement et immédiatement à sa situation et à celle de tous les membres de sa famille ; il n'aspire qu'à s'intégrer professionnellement sur le territoire français ; sa famille vit en-dessous du seuil de pauvreté ; s'il travaillait, ses ressources pourraient s'ajouter à celles de sa famille ; la situation économique de sa famille justifie qu'il puisse travailler afin que les difficultés financières soient moindres et ne compromettent pas la vie et, principalement, la scolarité de chacun des membres de la fratrie ;

- il existe en outre, en l'état de l'instruction, des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : la décision n'est pas motivée ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 20 février 2025 sous le numéro 2502518 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. M. A, ressortissant gambien, demande à la juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrive, d'une part, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a implicitement rejeté, le

21 juin 2023, sa demande de titre de séjour et, d'autre part, de lui enjoindre de réexaminer sa demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard et, dans l'attente d'une décision explicite sur son droit au séjour, de le mettre en possession d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours, sous astreinte de cent euros par jour de retard.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision contestée, M. A, qui se prévaut d'une présence en France de près de dix ans et de l'échec des procédures engagées pour obtenir la nationalité française, fait valoir que l'irrégularité de son séjour préjudicie gravement et immédiatement à sa situation et à celle de tous les membres de sa famille. A cet égard, il allègue que la situation économique de sa famille, qui vit en-dessous du seuil de pauvreté, justifie qu'il puisse travailler afin d'atténuer les difficultés financières rencontrées par sa famille et de ne pas compromettre la vie et, principalement, la scolarité de chacun des membres de la fratrie. Toutefois, ces éléments ne permettent pas de regarder M. A comme justifiant de circonstances particulières de nature à caractériser une situation d'urgence alors qu'il n'établit pas être particulièrement inséré en France et que les conséquences de l'irrégularité de son séjour semblent davantage peser sur la situation financière de ses parents et la vie et la scolarité de sa fratrie.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si l'un des moyens invoqués dans la présente requête est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qu'il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble pour défaut d'urgence par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 26 février 2025.

La juge des référés,

Signé : S. Bonneau-Mathelot

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

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