mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2502547 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, Mme A B demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours, afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : d'une part, sans titre de séjour, sa situation professionnelle semble compromise ; elle est actuellement hébergée avec sa famille à
Vitry-sur-Seine ; elle est domiciliée, pour effectuer ses démarches administratives, au centre communal d'action social de Gentilly, depuis le 11 juin 2021 ; elle aurait dû faire sa demande de rendez-vous auprès de la sous-préfecture de L'Haÿ-les-Roses et non auprès de la préfecture de Créteil ; l'impossibilité matérielle de prendre rendez-vous pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour porte atteinte à ses droits dès lors qu'elle se trouve, de ce fait, maintenu en situation de séjour irrégulier alors même qu'elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- la conditions d'utilité est remplie : les importants dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation impliquent l'intervention du juge des référés ; il est indispensable de prescrire à titre conservatoire et provisoire à l'administration de la convoquer personnellement, dans un délai de quinze jours, afin qu'elle puisse solliciter son admission exceptionnelle au séjour ;
- la condition tirée de ce que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative est remplie : les mesures ordonnées par la juge des référés ne feront pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours, afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article
L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ".
5. En l'espèce, si Mme B indique avoir commis une erreur en sollicitant de la préfecture du Val-de-Marne un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour alors que, domiciliée au centre communal d'action sociale de Gentilly, elle aurait dû effectuer sa demande de rendez-vous auprès des services de la sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses, il ressort des pièces qu'elle a produites et, notamment, d'une attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour du 27 octobre 2022, qu'elle a sollicité l'examen de sa situation administrative et déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour et pu faire valoir tous les éléments de fait et de droit. Dans ces conditions, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande aurait été regardée comme incomplète, l'absence de réponse à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ne peut que révéler l'existence, à la date du 27 février 2023, d'une décision implicite de rejet. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par
Mme B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt, en tout état de cause, plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Melun, le 26 février 2025.
Le juge des référés,
Signé : S. Bonneau-Mathelot
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026