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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502573

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502573

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502573
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun rejette la requête en référé liberté de M. A, un ressortissant sénégalais, qui demandait le renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale" ou la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour. La juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, le seul refus de renouvellement d'un titre de séjour ne constituant pas une circonstance particulière justifiant une intervention sous 48 heures. Elle rappelle que le silence de l'administration sur la demande de renouvellement, déposée le 17 mars 2024, a fait naître une décision implicite de rejet au terme du délai de quatre mois prévu par les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, M. B A demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de son titre de séjour ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les plus brefs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens.

Il soutient que :

- il a été mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 18 juin 2022 au 17 juin 2024 ; trois mois avant l'expiration de son titre de séjour, il en a sollicité le renouvellement le 17 mars 2024 ; une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée via la plateforme ANEF d'une durée de validité de trois mois pour la période courant du 9 juillet au 8 octobre 2024 ; une nouvelle attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée pour la période courant du 5 novembre 2024 au 4 février 2025 ; il n'a désormais plus aucune nouvelle de l'administration en dépit des courriels de relance et d'une lettre adressée en recommandée adressée aux services préfectoraux ;

- il est porté atteinte au droit à sa vie privée et familiale et professionnelle ainsi qu'à son intégration en France ; l'absence de titre de séjour emporte la perte de son emploi, des préjudices financiers résultant de la perte de salaires, son employeur lui ayant demandé de rester chez lui dans l'attente de la régularisation de sa situation ; son contrat de travail a été suspendu ; il ne peut accéder aux soins ; il risque d'être expulser.

Vu les pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

3. M. A, ressortissant sénégalais, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 18 juin 2022 au 17 juin 2024, en a sollicité le renouvellement via la plateforme " Administration numérique des étrangers en France " (ANEF) le 17 mars 2024 ainsi que cela ressort de la confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour qui lui a été remise. Il a, par la suite, été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 9 juillet au 8 octobre 2024, renouvelée pour la période courant du 5 novembre 2024 au 4 février 2025. En l'absence de réponse des services préfectoraux à sa demande de renouvellement de son titre de séjour en dépit de ses relances, il demande à la juge des référés, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de son titre de séjour ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les plus brefs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

4. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ".

5. En l'espèce, et ainsi que cela été dit au point 3. ci-dessus, M. A, qui a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", dont la validité a expiré le 17 juin 2024, a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction renouvelée, en dernier lieu, jusqu'au 4 février 2025. Toutefois, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-15-1, R. 432-1 et R. 432-2 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, la demande de M. A doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois, sans qu'y fasse obstacle la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction.

6. Il suit de là que les conclusions par lesquelles M. A demande à la juge des référés d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de sa demande de titre de séjour, laquelle a fait l'objet d'un refus implicite, sont sans objet et sont donc manifestement irrecevables. Par ailleurs, l'existence d'une décision de refus de séjour opposée à la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A, fait obstacle à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Cette demande est manifestement non fondée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 24 février 2025.

La juge des référés,

Signé : S. Bonneau-Mathelot

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

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