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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502587

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502587

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502587
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. B. Ce dernier sollicitait une injonction pour obtenir une convocation afin de retirer sa nouvelle carte de résident ou le renouvellement de son récépissé. Le juge constate que la demande est mal fondée, car le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet, et que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision. La requête est donc rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 février 2025, M. A B demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin qu'il puisse retirer sa nouvelle carte de résident, sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou, à défaut, de renouveler son " récépissé avec prolongation " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : la validité de la carte de résident dont il était titulaire a expiré depuis le 26 février 2024 ; le récépissé de renouvellement de son titre de séjour n'est plus valide depuis le 26 août 2024 ; il est sans nouvelle de la préfecture pour le renouvellement de son titre de séjour et de son récépissé en dépit de ses relances ; sa carte de résident est certainement prête en préfecture ;

- la conditions d'utilité est remplie : les importants dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation impliquent l'intervention du juge des référés ; il est indispensable de prescrire à titre conservatoire et provisoire à l'administration qu'elle le convoque personnellement, dans un délai de quinze jours, afin qu'il puisse retirer sa nouvelle carte de résident qui doit être certainement prête en préfecture ; sa situation va devenir très compliquée, il ne peut plus travailler ;

- la condition tirée de ce que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative est remplie : la mesure ordonnée par la juge des référés ne fera pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit- d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article

L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. M. A B, ressortissante congolais, qui a sollicité des services de la préfecture du Val-de-Marne le renouvellement de sa carte de résident valable du 27 février 2014 au 26 février 2024, a été mis en possession d'un récépissé de demande de renouvellement de titre séjour valable jusqu'au 26 août 2024. Par la présente requête, M. B demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin qu'il puisse retirer sa nouvelle carte de résident, sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou, à défaut, de renouveler son " récépissé avec prolongation ".

4. D'une part, aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article L. 433-3 de ce code : " Lorsque l'étranger titulaire (), d'une carte de résident () en demande le

renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. / () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ".

6. En l'espèce, M. B, qui a sollicité le renouvellement de sa carte de résident valable jusqu'au 26 février 2024, a, alors qu'il disposait, en tout état de cause, d'un droit au séjour prolongé jusqu'au 26 mai 2024 en application des dispositions précitées de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été mis en possession d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour à compter du 26 février 2024, valable jusqu'au 26 août 2024, qui n'a, depuis cette date, pas été renouvelé. L'absence de réponse du préfet du Val-de-Marne, alors qu'il ne ressort pas des pièces produites que la demande formée par M. B tendant au renouvellement de sa carte de résident aurait été incomplète, ne peut que révéler l'existence d'une décision implicite de rejet opposée par le préfet du Val-de-Marne à sa demande. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, et nonobstant le caractère " de plein droit " du renouvellement d'une carte de résident dans les conditions fixées par les dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la demande formée par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt, en tout état de cause, plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 24 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : S. Bonneau-Mathelot

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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