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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502590

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502590

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502590
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun rejette la requête de Mme B, ressortissante pakistanaise, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le juge des référés estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la situation d'insécurité juridique invoquée par la requérante, entrée irrégulièrement en France en 2021, ne résulte pas du défaut de rendez-vous mais de son absence de droit au séjour. La demande est donc rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres conditions de l'article L. 521-3.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 février 2025, Mme A B, représentée par Me Hervet, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de lui délivrer un récépissé, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : d'une part, elle se trouve en situation irrégulière et dans une situation d'insécurité juridique ayant des conséquences sur sa situation professionnelle, financière et familiale et ce, alors qu'elle a engagé les démarches nécessaires auprès de la préfecture du Val-de-Marne pour obtenir un rendez-vous ; d'autre part, elle a formulé sa demande de rendez-vous par un courriel du 7 juin 2024, demeurée sans réponse, malgré les relances faites auprès de la préfecture ; enfin, elle peut, à tout moment, faire l'objet d'une interpellation et d'une mesure d'éloignement ;

- la conditions d'utilité est remplie : d'une part, le droit à l'examen de sa demande est méconnu par l'autorité préfectorale alors qu'elle remplit les conditions pour être admise exceptionnellement au séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; d'autre part, l'atteinte portée à son droit d'aller et venir et de sa vie privée et familiale est manifestement caractérisée ; enfin, la différenciation des procédures de dépôt des demandes de titre de séjour est constitutive d'une discrimination à l'égard des personnes souhaitant déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ;

- la condition tirée de ce que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative est remplie : la mesure ordonnée par la juge des référés ne fera pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article

L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Mme A B, ressortissante pakistanaise, a demandé aux services de la préfecture du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée en application des dispositions de l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile, par un courriel du

7 juin 2024, auquel il n'a pas été répondu. Par la présente requête, Mme B demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard.

4. Toutefois, Mme B, entrée en Italie, le 5 septembre 2021, sous couvert d'un visa Schengen, de type C, valable du 27 août au 21 septembre 2021, n'établit pas être en situation régulière sur le territoire français depuis qu'elle y est entrée en 2021. Dans ces conditions, la situation d'insécurité juridique dont se prévaut Mme B ne trouve pas son origine dans la difficulté à obtenir des services de la préfecture du Val-de-Marne un rendez-vous pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée. Par ailleurs, si Mme B soutient avoir déposé sa demande de rendez-vous le 7 juin 2024, " soit il y a près de neuf mois ", elle relève que " depuis plus de sept mois il n'y a eu aucun retour de l'administration ". Mme B aura donc attendu plus de sept mois, soit les

13 et 16 janvier 2025, pour solliciter, de nouveau, et vainement les services préfectoraux afin qu'ils lui proposent un rendez-vous, ces relances ayant, au demeurant, été engagées postérieurement à son recrutement, depuis le 1er janvier 2025, par la Sasu Aks en qualité de cheffe de chantier sous contrat à durée indéterminée. A cet égard, il ressort de l'attestation de travail établie, le 12 février 2025, par son employeur qu'" elle est toujours en poste et ne fait l'objet d'aucune procédure de licenciement ou de rupture du contrat ". Dans ces conditions, à défaut pour Mme B de faire état d'une circonstance particulière justifiant de la nécessité d'obtenir rapidement un rendez-vous, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait aux mesures qu'elle demande.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée en toues ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 24 février 2025.

La juge des référés,

Signé : S. Bonneau-Mathelot

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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