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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502658

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502658

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502658
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision du 8 décembre 2024 par laquelle le préfet de la Gironde a classé sans suite la demande de certificat de résidence algérien de M. B. Le juge retient que le tribunal de Melun n'est pas territorialement compétent, ce litige relevant du tribunal administratif de Bordeaux, et que la requête est irrecevable faute de recours au fond introduit devant la même juridiction. En conséquence, l'ensemble des conclusions de M. B, y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire, sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2025, M. A B, représenté par

Me Nauche, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 8 décembre 2024 par laquelle le préfet de la Gironde a procédé au classement sans suite de sa demande de certificat de résidence algérien ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction sans délai, sous une astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Nauche, son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, à lui verser directement cette somme.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Bordeaux le 13 février 2025 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Il résulte du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation ou de réformation de la décision dont il demande la suspension. Enfin, aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. () ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Bordeaux : () Gironde () ".

3. M. B, qui mentionne résider à Choisy-le-Roi pour les besoins de son stage, demande au juge des référés de suspendre la décision par laquelle le préfet de la Gironde, auprès duquel il a introduit sa demande de certificat de résidence algérien, a procédé au classement sans suite de sa demande de titre de séjour. Au regard des dispositions précitées des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, le tribunal administratif de Melun n'est donc pas territorialement compétent pour connaître de ce litige, qui ressortit à la compétence du tribunal administratif de Bordeaux. M. B indique d'ailleurs lui-même, dans ses écritures, avoir saisi le tribunal administratif de Bordeaux d'un recours au fond contre cette même décision. A supposer que M. B résiderait désormais effectivement dans le Val-de-Marne, il aurait alors saisi le juge des référés d'une demande de suspension de la décision du préfet de la Gironde du 8 décembre 2024 classant sans suite sa demande de titre sans introduire de recours au fond demandant l'annulation de cette même décision devant la même juridiction. Par suite, la requête de M. B serait, le cas échéant, irrecevable.

4. Il y a en conséquence lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions, et ce sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 25 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : O. C

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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