lundi 3 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2502868 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2025, Madame A C doit être entendue comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative,
1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de reconsidérer son dossier et de lui fixer, en urgence, un rendez-vous physique lui permettant de déposer une demande conforme pour l'obtention d'un titre de séjour de 10 ans, compte tenu de sa situation de ressortissante avec lien familial avec un Français ;
2°) de prendre toutes mesures utiles pour remédier à l'atteinte grave à ses droits fondamentaux, et ce, afin de rétablir immédiatement ses droits d'accès au service public, lui permettant ainsi de travailler et de bénéficier des aides sociales indispensables à la prise en charge de sa famille.
Elle indique que, de nationalité algérienne, elle a déposé une demande de renouvellement de son certificat de résidence sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, que cette plateforme ne lui a proposé que de déposer une demande pour un certificat de dix ans, qu'elle a eu une attestation de prolongation d'instruction le 19 octobre 2024 et que sa demande a été clôturée le 23 octobre 2024 et qu'elle ne peut plus joindre la préfecture pour solliciter un rendez-vous.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a été placée en situation irrégulière et ne peut plus travailler et que la décision de clôture contestée porte atteinte à ses droits fondamentaux et notamment à celui d'accès à un service public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame C épouse B, ressortissante algérienne née le 13 octobre 1972 à Mostaganem, a déposé, le 31 août 2024, une demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien qui arrivait à échéance le 28 novembre 2024 et qui lui avait été délivrée en qualité de conjointe d'un ressortissant français épousé le 6 février 2021 en mairie d'Orly (Val-de-Marne). Une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée le 18 octobre 2024, valable trois mois. Elle indique que sa demande a été clôturée le 23 octobre 2024 au motif que son dossier devait être déposé dans la brique " vie privée et familiale " membre de famille de français car elle n'avait pas encore eu de titre de 10 ans. Par une requête enregistrée le 28 février 2025, elle doit être entendue comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de " reconsidérer son dossier et de lui fixer, en urgence, un rendez-vous physique me permettant de déposer une demande conforme pour l'obtention d'un titre de séjour de 10 ans ".
2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
4 Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; () ".
5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien et de délivrance d'un certificat de dix ans conformément aux stipulations rappelées au point précédent a été clôturée, c'est-à-dire rejetée, le 23 octobre 2024 par le préfet du Val-de-Marne.
6 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Madame C ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A C épouse B et au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026