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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504800

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504800

jeudi 21 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504800
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantULUCAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour l'instruction de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé. Le juge estime que la demande est dépourvue d'utilité, car la demande de titre de séjour, déposée en mars 2022, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet en juillet 2022, et qu'une injonction de délivrance d'un récépissé ferait obstacle à l'exécution de cette décision. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 avril 2025, M. B A, représenté par Me Ulucan, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui donner un rendez-vous en vue d'instruire son dossier et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est entré régulièrement en France muni d'un passeport revêtu d'un visa étudiant le 25 août 20210 ; il réside depuis lors sur le territoire français et a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étudiant de 2011 à 2017 ; il travaille comme chauffeur livreur depuis août 2014 ; il a sollicité en mars 2022 son admission exceptionnelle au séjour en raison de sa situation professionnelle ; il n'a depuis reçu aucune réponse, en dépit de ses relances ;

- la condition d'urgence est remplie eu égard au délai qui s'est écoulé depuis le dépôt de sa demande de titre de séjour et à l'absence de remise d'un récépissé, qui le maintient dans une situation de précarité durant un délai déraisonnable, l'empêchant de circuler librement et mettant en péril son travail ;

- la mesure sollicité est utile compte tenu de la carence de l'administration

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande d'admission exceptionnel au séjour au titre du travail le 2 mars 2022. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet de Seine-et-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois suivant sa présentation, soit en l'espèce le 2 juillet 2022. Par suite, la demande de rendez-vous en préfecture en vue de l'instruction de cette demande de titre de séjour ne revêt le caractère d'aucune utilité et la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 21 août 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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