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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2505430

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2505430

mardi 22 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2505430
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A B, un jeune majeur arrivé mineur en France et scolarisé, afin d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a rejeté la requête, considérant que la demande de M. B se heurtait à une contestation sérieuse, dès lors que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet. Il a estimé que la mesure sollicitée, qui visait à contourner cette décision, ne pouvait être ordonnée dans le cadre de ce référé subsidiaire, sans préjudice pour l'intéressé de contester cette décision implicite par d'autres voies de droit.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2025, M. A B, représenté par

Me Herdeiro, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer immédiatement un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soulève les moyens suivants :

- il est arrivé en France le 16 avril 2022 à l'âge de 15 ans alors qu'il était mineur, confié par son père résidant au Maroc, à sa tante, qui a organisé sa scolarisation en France auprès du CIO de Boissy Saint Léger et assure la charge financière de son neveu qu'elle héberge de surcroît à son domicile ;

- sa tante a entrepris les démarches nécessaires aux fins d'obtenir la couverture sociale et responsabilité civile de son neveu ;

- ayant achevé sa scolarité au collège au Maroc, il a été scolarisé la même année en classe de 2EL pour l'année scolaire 2022-2023 au sein du Lycée François Arago à Villeneuve-Saint-Georges, puis en deuxième année de CAP Electricien pour l'année scolaire 2023-2024 et a réalisé des stages en entreprise ;

- il a obtenu son CAP Electricien et est actuellement inscrit en classe de Terminale en vue d'obtenir son Baccalauréat professionnel ;

- il a fait preuve d'assiduité et d'abnégation, ayant suivi une scolarisation avec mérite et s'intégrant parfaitement en France, membre de la fédération française de boxe depuis l'année 2022 et de l'Association Démocratie et valeurs républicaines plus récemment ;

- c'est dans ces circonstances qu'il a sollicité au mois de juin 2024, une demande de régularisation de sa situation administrative qui est restée sans réponse à ce jour ;

- sans titre de séjour, il se trouve en précarité d'autant que son parcours scolaire s'oriente vers une professionnalisation de son cursus avec la nécessité d'effectuer des stages en alternance en entreprise puis une embauche en entreprise ;

- par courriel en date du 14 juin 2024 et conformément aux instructions de la préfecture du Val-de-Marne, il a sollicité une demande rendez-vous aux fins de dépôt de sa demande de régularisation ; cette demande est restée sans réponse ;

- par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 12 décembre 2024 réceptionnée le 17 décembre 2024, il a régularisé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en y joignant une copie de son dossier ;

- à nouveau, la préfecture du Val-de-Marne n'a pas donné suite à cette demande pourtant motivée et étayée ;

- une relance a été adressée le 22 janvier 2025 ; bien que réceptionnée le jour même, la préfecture du Val-de-Marne n'a toujours pas donné suite bien que le courriel de réception automatique indique qu'une " réponse serait apportée dans les meilleurs délais " ;

- jeune majeur est maintenu en situation irrégulière et dans l'impossibilité de réaliser un stage en alternance lui permettant de valider son baccalauréat ; toutes ses demandes de stages ne trouvent aucune suite favorable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. D'autre part, aux termes de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R. 432-2 du même code dispose : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Selon l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le délai de quatre mois prévu par l'article R. 432-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a commencé à courir à la date du dépôt de la demande de titre de séjour, qui a eu lieu au plus tard le 17 décembre 2024 est en tout état de cause expiré à ce jour. Il en résulte qu'une décision implicite de rejet est née. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme justifiant de l'utilité de sa demande, qui fait obstacle à l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance du titre de séjour. Il lui appartient, s'il s'y croit fondé de déposer un recours en annulation contre cette décision implicite de rejet.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 22 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé : X. C

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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