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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2508341

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2508341

lundi 21 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2508341
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant algérien, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de traiter sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée le 14 novembre 2023. Le juge constate que, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 15 mars 2024. Dès lors, la demande est mal fondée, le juge des référés ne pouvant enjoindre à l'administration de statuer sur une demande déjà implicitement rejetée. M. A est invité à contester cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir, éventuellement assorti d'un référé suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juin 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de traiter son dossier et de lui apporter une réponse après 20 mois d'attente.

Il soutient que, de nationalité algérienne, il est entré en France en 2013, qu'il travaille, et qu'il a déposé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour le 14 novembre 2023 et qu'il n'a eu aucune réponse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 13 mai 1991 à Hussein Dey, entré en France selon ses dires le 26 juillet 2013, a été admis par la préfète du Val-de-Marne à déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 14 novembre 2023. Il lui a été remis à cette occasion un document intitulé " Attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour ". M. A n'a plus eu aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne depuis cette date malgré de nombreuses relances du service. Par une requête présentée le 16 juin 20025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de traiter son dossier.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes d'autre part de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

5. Il résulte de ces dispositions que la demande de titre de séjour déposée par l'intéressé en préfecture du Val-de-Marne le 14 novembre 2023 a fait l'objet d'une décision implicite de rejet à la date du 15 mars 2024.

6. Dans ces conditions, et outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de statuer sur une demande de titre de séjour, eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé suspension, dès lors qu'il estimerait être en mesure d'établir que la condition d'urgence serait satisfaite.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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