lundi 28 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2509264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CHETRIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2025, M. A C B, représenté par Me Chetrit, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé quatre mois par le préfet du Val-de-Marne sur sa demande de renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie,
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons suivantes :
*cette décision est entachée d'un défaut de motivation et méconnaît ainsi les dispositions des articles L. 432-1-1 et L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 de ce code dès lors qu'il est parent d'enfants mineurs français ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il séjourne de façon continue et régulière en France depuis 1992, est inséré professionnellement et ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée à ce titre d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2025, le préfet du Val-de-Marne, représenté par le cabinet Actis avocats, conclut au non-lieu à statuer sur la requête et au rejet de celle-ci pour le surplus.
Il soutient qu'il y a non-lieu à statuer et que la condition d'urgence posée à l'article
L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie dès lors que M. B a été convoqué le 10 juillet 2025 à 14h en préfecture pour se voir délivrer un récépissé de demande de carte de séjour.
Vu :
-la requête n° 2509244 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Duhamel, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 22 juillet 2025 à 14h en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Duhamel ;
-les observations de Me Chetrit, représentant M. B, présent, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et a fait valoir en outre que nonobstant la circonstance que les services de la préfecture du Val-de-Marne ont délivré à M. B un récépissé de demande de titre de séjour le 10 juillet 2025 et valable jusqu'au 9 octobre 2025, la décision en litige le place dans une situation précaire justifiant l'urgence qu'il y a à suspendre l'exécution de cette décision ;
-les observations de Me El Assaad, représentant le préfet du Val-de-Marne qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience à 14h25, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. M. B, qui est de nationalité bangladaise, a déposé le 27 mai 2024, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de renouvellement de sa carte de résident expirant le 6 juin 2024. L'instruction de sa demande a fait l'objet d'une prolongation pour laquelle M. B a bénéficié d'une attestation de prolongation d'instruction qui a expiré le 24 février 2025. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois sur cette demande par le préfet du Val-de-Marne.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par la préfète du Val-de-Marne :
3. Contrairement à ce qui est soutenu en défense, la circonstance que, postérieurement à l'introduction de l'instance, M. B s'est vu délivrer une nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour qui l'autorise à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle du 10 juillet au 9 octobre 2025 n'est pas, en l'absence de retrait ou d'abrogation de la décision implicite de rejet en litige, de nature à priver d'objet l'ensemble des conclusions de la requête de l'intéressé, notamment celles tendant à la suspension de l'exécution de cette décision. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet du Val-de-Marne ne saurait être accueillie.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
5. Pour justifier l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. B fait valoir qu'à défaut de délivrance du titre de séjour qu'il a sollicité ou de renouvellement de l'attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour, il n'est plus autorisé, depuis le 24 février 2025 à séjourner en France, ni à y exercer une activité professionnelle, et qu'il se trouve ainsi dans une situation qui, alors qu'il remplit les conditions de délivrance de plein droit d'un titre de séjour, le place dans une situation de précarité matérielle et le maintient en situation irrégulière sur le territoire français, l'empêchant de retrouver un emploi et de bénéficier de droits sociaux lui permettant de se soigner. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3, le requérant est détenteur, à la date de la présente ordonnance, d'un document provisoire qui l'autorise à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle jusqu'au
9 octobre 2025. Dans ces conditions, l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme caractérisée en l'espèce.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B aux fins de suspension et d'injonction avec astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
7. La présente ordonnance est fondée sur la disparition de l'urgence de la demande de M. B en conséquence de la remise d'un nouveau récépissé en cours d'instance. Par conséquent, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :Les conclusions présentées par M. B aux fins de suspension et d'injonction sont rejetées.
Article 2 : L'État (Préfecture du Val-de-Marne) versera une somme de 1 200 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au ministre de l'Intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 28 juillet 2025.
Le juge des référés,
Signé : B. DuhamelLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026