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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2515247

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2515247

jeudi 23 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2515247
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJOSSEAUME

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 2 octobre 2025 suspendant le permis de conduire de M. A... pour six mois. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car les difficultés professionnelles invoquées par le requérant, architecte, ne présentent pas un caractère suffisamment grave et immédiat au regard de la gravité de l'infraction (excès de vitesse de 42 km/h). La requête est donc rejetée par ordonnance motivée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de l’arrêté du 2 octobre 2025 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il soutient que :
- la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu’exerçant la profession d’architecte, il est amené à effectuer des déplacements professionnels permanents et la détention d’un permis de conduire lui est nécessaire, les déplacements en transports en commun étant inadaptés à sa situation professionnelle ; que l’abstention d’effectuer ces déplacement aurait pour conséquence directe des pertes significatives d’opportunités commerciales et/ou contractuelles, mettant en péril la pérennité de son activité ; il est le seul à pouvoir effectuer ces déplacements ; l’octroi du sursis à exécution permettrait de lui garantir le respect des dispositions de l’article 13 de la convention européenne des droits de l’homme, applicables pour toute sanction administrative comme en l’espèce ;
- il existe en outre, en l’état de l’instruction, des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
. elle est entachée d’incompétence ;
. elle est insuffisamment motivée ;
. elle méconnaît les dispositions des articles L.224-2 et suivants du code de la route ;
. elle méconnaît les dispositions de l’article L.224-2 al.3 du même code ;
. le relevé de la vitesse de son véhicule n’a pas été effectué au moyen d’un appareil homologué ;
. elle méconnaît les dispositions de l’article R.221-3 du même code ;
. elle méconnaît les dispositions des articles L.122-1 et L.211-2 du code des relations entre le public et l’administration.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 octobre 2025 sous le numéro 2514889 par laquelle M. A... demande l’annulation de l’arrêté attaqué.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... a fait l’objet d’une mesure de rétention de son permis de conduire le 1er octobre 2025 à 10h00 sur le territoire de la commune de Chatres après un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée (vitesse autorisée : 110 km/h / vitesse
retenue : 152 km/h). Par un arrêté du 2 octobre 2025, le préfet de Seine-et-Marne a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant pas application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

4. Au cas particulier, pour demander la suspension de l’exécution de l’arrêté préfectoral du 2 octobre 2025 suspendant la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois, M. A... soutient en premier lieu que l’exécution de cette décision le prive d’un recours effectif garanti par l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Aux termes de l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles. ».

6. Il résulte de l'instruction que M. A... a déposé une requête, enregistrée le 13 octobre 2025 sous le numéro 2514889, tendant à l’annulation de l’arrêté attaqué. Il n’est ainsi, et en tout état de cause, pas privé d’un droit au recours effectif tel que garanti par les stipulations citées au point précédent.

7. M. A... soutient en second lieu que l’absence de détention de son titre de conduite l’empêche d’exercer son activité professionnelle d’architecte, laquelle l’amène à effectuer des déplacements permanents qu’il est le seul à pouvoir effectuer et qu’il ne peut effectuer par les transports en commun, ce qui met en péril financièrement son activité. Toutefois, au soutien de cette allégation, il se borne à produire à l’instance les extraits Kbis et Sirene de son activité d’architecte ainsi qu’un tableau retraité par ses soins faisant état de déplacements dans les départements de Seine-et-Marne, de la Dordogne et de l’Allier au 1er octobre 2025, ce qui ne permet pas de justifier de la situation d’urgence qu’il allègue.

8. Il des constatations opérées aux points 6 et 7 que M. A... ne démontre pas être placé dans une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision attaquée soit suspendue.

9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si l’un des moyens invoqués dans la présente requête est propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble pour défaut d’urgence par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Melun, le 23 octobre 2025.

La juge des référés,



Signé : I. Billandon
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, La greffière,


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