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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2600947

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2600947

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2600947
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMESSAOUDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande d'une requérante souhaitant obtenir une injonction enjoignant au préfet de la convoquer pour déposer une demande de nationalité française. Le juge a estimé que les difficultés alléguées pour obtenir un rendez-vous en préfecture, invoquées de manière trop générale, ne caractérisaient pas l'urgence requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du même code, sans instruction contradictoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2026, Mme C... A... B..., représentée par Me Messaoudi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de la convoquer afin de déposer une demande de nationalité française dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Duhamel, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » En vertu des dispositions de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et
L. 521-2 du même code.
Pour satisfaire à l’obligation qui lui est faite, par les dispositions du premier alinéa de l’article R. 522-1 du code de justice administrative, de justifier de l’urgence de l’affaire, Mme A... B..., ressortissante camerounaise disposant d’une carte de résident valable jusqu’au 26 septembre 2030 soutient qu’elle a échoué à de nombreuses reprises à prendre
rendez-vous auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne sur le site internet dédié afin de solliciter la nationalité française et que l’absence de possibilité d’avoir ce rendez-vous la prive de son droit d’accès à la naturalisation. Toutefois, ces seules circonstances invoquées en des termes très généraux ne peuvent être regardées, en l’état de l’instruction, comme caractérisant une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de
Mme A... B... suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... B....

Fait à Melun, le 26 mars 2026.

Le juge des référés,



Signé : B. DUHAMEL

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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